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Osheaga 2026, jour 3

La pluie a essayé, la foule a gagné

Par Mathieu Pedneault     

S’il y a une chose que les festivaliers de Osheaga ont prouvée dimanche, c’est qu’il en faut beaucoup plus que quelques averses pour tuer un party.

Toute la journée, la pluie est venue, repartie, puis revenue au parc Jean-Drapeau. Parapluies, imperméables et anoraks ont fini par faire partie du décor. Personne n’a plié. Des milliers de personnes ont chanté et dansé jusqu’à la dernière note de cette 19e édition.

En jasant avec le monde sur le site, les mêmes noms revenaient : Lorde, Zara Larsson, Major Lazer, Of Monsters and Men. Mais on le sentait clairement — la vraie attente, c’était Lorde, chargée de fermer le festival.

 

Dans les coulisses d’une machine bien huilée

Encore une fois, Osheaga impressionne.

Le site est superbe, l’organisation est solide, et tout roule avec une fluidité étonnante pour un événement de cette taille. Derrière ça : une armée de techniciens, de bénévoles et d’employés qui travaillent sans arrêt pour que chaque détail tombe à la bonne place.

Notre accréditation média nous a donné accès aux coulisses — l’envers du décor que le public ne voit pratiquement jamais. Sans tout dévoiler, disons que c’est un village en soi, où des centaines de personnes s’activent en même temps pour faire vivre le festival.

Voir cette équipe à l’œuvre rappelle une chose simple : Osheaga ne tient pas juste sur ses artistes. Il tient aussi sur du monde passionné qui rend l’expérience possible.

 

Deux bémols, pas plus

Trouver de vrais défauts à Osheaga, c’est un sport difficile. Il y a quand même un point qui m’a accroché.

En début de soirée, quand plusieurs spectacles jouaient en parallèle, certains corridors entre les scènes devenaient franchement congestionnés. À deux reprises — vers 18 h, puis plus tard en soirée — j’ai voulu me déplacer pour aller découvrir d’autres artistes. Les deux fois, j’ai rebroussé chemin vers les scènes principales : ça ne bougeait plus.

La pluie a sûrement joué un rôle, tout le monde ralentissant naturellement le pas. N’empêche : certains passages gagneraient à être élargis. Rien de dramatique, mais c’est le seul truc qui m’a vraiment fait lever un sourcil de tout le week-end.

Autre réflexion, purement personnelle celle-là. La séquence de la scène principale m’a semblé travailler contre elle-même. Zara Larsson avait porté la foule à ébullition. Est arrivé ensuite un gros bloc hip-hop, avec Gunna, qui s’adressait visiblement à un autre public — et l’élan est retombé d’un coup. Quand Lorde est montée, il fallait presque tout rebâtir. Je comprends la volonté d’une programmation éclectique, c’est l’ADN d’Osheaga — mais deux artistes pop séparées par un virage aussi net, ça coûte quelque chose en énergie de foule. Question de goût, rien de plus.  

 

Zara Larsson : bête de scène, confirmé

Yagub Allahverdiyev

Je connaissais Zara Larsson sans connaître son répertoire par cœur.

Avant le show, plusieurs amis m’avaient prévenu : « Attends de la voir, c’est une vraie bête de scène. » Ils avaient raison.

Tout brillait : les costumes, les éclairages, les chorégraphies. Un univers assumé, glamour, résolument pop, qui ne tombe jamais dans le cliché.

Entourée exclusivement de danseuses et de musiciennes, elle livre un show à haute énergie où tout est synchronisé au quart de tour. Mention spéciale à la diversité de son équipe, qui reflète bien l’ouverture qu’on retrouve sur les grandes scènes internationales.

Et puis il y a sa voix. En direct, elle impressionne. Autour de moi, le monde connaissait chaque mot. L’ambiance était électrique.

Le plus beau moment est arrivé quand elle a invité une jeune admiratrice sur scène. Chandail autographié en main, la fillette a exécuté la chorégraphie avec un aplomb désarmant. Plusieurs personnes autour de moi avaient les larmes aux yeux.

C’est le genre de moment qui dépasse la musique.  

 

Lorde : rien de trop, tout à sa place

Quelques minutes avant l’heure prévue, Lorde entre en scène.

C’était ma première fois. On comprend vite pourquoi elle est considérée comme une artiste de calibre international.

Son spectacle mise sur l’ambiance, l’émotion et la qualité de l’interprétation plutôt que sur les effets. Sa présence est magnétique, son univers, unique. Les immenses plateformes de la scénographie ajoutaient une belle dimension visuelle sans jamais voler la vedette à la musique.

Une performance tout en finesse. La bonne façon de fermer un festival.  

 

Les découvertes du jour

Yagub Allahverdiyev – Billie du Page

Impossible de passer sous silence Billie du Page, qui représentait fièrement le Québec. Juste avant son spectacle, nous avons croisé sa mère, Julie du Page, accompagnée des grands-parents de la chanteuse. Visiblement émus de la voir monter sur une scène d’Osheaga — un jalon important dans une jeune carrière.

J’ai aussi beaucoup aimé Amble, dont les sonorités folk étaient parfaites pour ouvrir l’après-midi. Simple, chaleureux, facile à aimer.

Et la belle surprise : Trixie Mattel. La gagnante de RuPaul’s Drag Race a transformé son coin de festival en fête complète. Ses danseurs, son humour, son charisme, son énergie contagieuse — un show aussi éclaté qu’efficace. Impossible de ne pas sourire.  

 

Verdict

Météo capricieuse ou pas, Osheaga 2026 se termine sur une excellente note.

Evenko livre encore un festival d’une qualité exceptionnelle : organisation, programmation, expérience globale, tout est au rendez-vous. Oui, il reste des détails à polir — la circulation entre certaines scènes aux heures de pointe, notamment — mais c’est bien peu à l’échelle d’un événement pareil.

Ce que je vais retenir, ce sont les sourires sous la pluie, les milliers de voix à l’unisson, les découvertes, et cette poignée de secondes entre Zara Larsson et une jeune fan.

C’est ça, Osheaga : un week-end où la musique rassemble, où on découvre, et d’où on repart avec des souvenirs qui durent bien plus longtemps que les lumières restent allumées.  

Voici le galerie photos de notre photographe Yagub Allahverdiyev