La SPACQ-AE met en lumière 15 artistes et groupes qui font vivre la musique d’ici

La Fondation de la Société professionnelle des auteurs-compositeurs du Québec et artistes entrepreneurs (SPACQ-AE) nous conviait lundi dernier au Club St-James pour célébrer la musique d’ici, mais surtout celleux qui la façonnent ! Pour celleux qui ne connaîtraient pas encore le travail si pertinent de la fondation, celle-ci s’assure que les droits des auteurs-compositeurs et artistes entrepreneurs soient défendus et surtout préservés. À une époque où le secteur de la culture se démène pour garder la tête hors de l’eau et où notre gouvernement ne propose aucune solution concrète, ce travail est définitivement pertinent.
Chaque année, la fondation organise également un gala qui récompense 15 artistes ou groupes qui ont su se démarquer et faire leur place dans l’industrie. Chaque prix est accompagné d’une bourse de 10 000 $, qui permet souvent aux artistes et aux groupes de souffler un peu, mais surtout de continuer à créer ces chansons qui habitent notre quotidien.
Pour cette 21e édition, le gala était animé par Stéphane Archambault, dont l’animation était à la fois drôle, sensible et intelligente. En parlant du travail des artistes et des groupes lauréats, il a eu une jolie façon de résumer leur importance dans nos vies : « Des paroles et des mélodies qui sont devenues des trames pour nos histoires d’amour, mais aussi toutes nos autres histoires. » Il a tout à fait raison. La musique qui nous accompagne au quotidien marque souvent des moments de joie, de tristesse ou d’amour, et vient les définir dans notre mémoire. Avec cette phrase, il rappelle l’importance de celles et ceux qui la façonnent, mais aussi l’impact qu’elle peut avoir dans nos vies, un impact qu’on oublie parfois.

Peu avant le gala, j’ai d’ailleurs eu la chance de m’entretenir avec certains et certaines des lauréats et lauréates. J’ai eu la chance d’avoir droit à leurs pensées sur le prix qu’iels ont reçu, mais aussi sur la vision de leurs travaux, au quotidien.
Une des premières personnes avec qui j’ai pu m’entretenir était BIZ, connu comme étant un membre et parolier du groupe de rap populaire Loco Locass, mais dernièrement plus connu comme étant un auteur et chroniqueur radio. Lundi soir, il recevait le prix Clémence Desrochers, un prix qui vient souligner la force artistique de ses œuvres. BIZ m’a confié avoir été ému de recevoir ce prix, puisqu’il a toujours été très admiratif de cette femme et de son œuvre. Il l’a même qualifiée de « l’humoriste hip-hop des années 90 » avec son style d’écriture en alexandrins et le « flow » qu’elle a naturellement dans la manière dont elle récite ses monologues. Il n’y en avait aucune autre comme elle.
Il doit avouer que c’est d’ailleurs un élément qui l’a beaucoup inspiré dans tous les types d’écriture qu’il fait au quotidien. Que ce soit pour l’écriture de ses raps, de ses livres ou de ses chroniques radio, il essaie toujours de garder un flow et une résonance dans ses textes et est plus qu’honoré de recevoir ce prix au nom d’une femme qui l’a toujours inspiré.

Sur les recommandations de mon collègue Yagub Allahverdiyev, j’ai écouté le nouvel album que Fred St-Gelais a produit avec son comparse Dom Faucher, avec qui ils composent le duo Scooter Gas. Le résultat donne quelque chose de très pop, avec des sonorités 80 et 90, avec des touches absurdes, tout en ayant une finition très propre. Je vous le recommande vivement. Mais c’est très différent de ce qu’on connaît de Fred St-Gelais. Avec ce duo, on lui trouve une nouvelle couleur qui l’inspire énormément. Du moins, c’est ce qu’il m’a dit quand je l’ai croisé lors du tapis rouge du gala.
Il a reçu le prix François Cousineau, qui vient souligner la force de l’artiste à transformer les mélodies en chansons. On a donc parlé de ce nouvel ajout qui s’ajoute à sa longue carte de visite, mais aussi de son rôle auprès des artistes qu’il accompagne dans la composition de leurs nouvelles chansons. Pour lui, c’est important que, même si ces artistes ne conçoivent pas toutes leurs mélodies ou leurs textes, ils se sentent toujours au centre de l’expression de leurs chansons. Parce qu’il n’existe pas de meilleure personne pour raconter une histoire que la personne qui l’a vécue.
Je me suis ensuite entretenue avec Viviane Audet, qui était la lauréate du prix André Gagnon, qui met en valeur la musique instrumentale. Son album Le piano et le torrent, sorti en 2025, a décidément attiré beaucoup l’attention, par la douceur de ses pièces, mais aussi par la générosité de l’artiste qui nous invite dans son univers. C’est un album qu’elle a composé dans une période de deuil et de changement. En plein cœur de la pandémie, sa vie a été chamboulée et elle a transformé cette mélancolie en 15 pièces enivrantes. Viviane Audet est l’une de ces artistes qui se rendent très disponibles et accessibles. Elle m’avoue que c’est d’ailleurs un peu ce qu’elle veut dégager. Sa musique, elle l’a faite pour elle, mais c’est important de la partager.
La musique instrumentale n’est pas toujours accessible à tous au quotidien et, avec cet album, c’est ce qu’elle voulait partager : son amour pour celle-ci, sans en faire toute une montagne. Elle a appris le piano avec ses enseignantes de piano qui, comme elle, étaient dotées de passion et de talent, mais sont par contre restées dans l’ombre. Elle souhaiterait que la musique instrumentale traverse plus de cœurs et tient à rappeler que c’est pour tout le monde, chose avec laquelle je ne suis que plus d’accord.

Puis, avant que les cloches de 18 heures, heure du début du gala, sonnent, j’ai rapidement pu m’entretenir avec un artiste qui, selon moi, se démarque du groupe avec son style musical, mais aussi sa présence. Je ne le connaissais pas avant le gala, mais je dois avouer être tombée sous le charme de Pierre Kwenders. Cet artiste, qui nous propose un indie-afro électro et qui chante en lingala, français et anglais, se fait définitivement remarquer. Lauréat du prix Karim Ouellet, vision diversité, cet artiste calme et sûr nous surprend par sa poésie et sa manière d’être. Notre entrevue était dans un espace rempli de personnes et on aurait dit qu’il n’y avait que moi et lui qui l’habitions.
Sa musique est festive et flamboyante, mais on sent quelque chose de très ancré dans son groove. Pour lui, malgré tout, « l’amour ne meurt jamais sur le dancefloor ». Et l’amour se retrouve au centre de son œuvre, puisque celui-ci pense que c’est l’une des choses les plus importantes dans notre quotidien. Et quelle est la meilleure manière de l’exprimer que par la danse ? Un artiste qui vaut la peine d’être écouté, mais aussi entendu.
Naturellement, tous les lauréats et lauréates ont une histoire et une réalité qui valent la peine d’être entendues et toutes leurs chansons sont vibrantes et plus uniques les unes que les autres. Je vous encourage vivement à porter une attention à la liste des lauréates et lauréats, mise plus bas, et de peut-être découvrir de nouveaux noms ?
Je terminerais cet article avec une mention importante, sans qui ce gala n’aurait pas lieu d’être. Derrière tout ça se cache une équipe dévouée et passionnée qui, année après année, porte la vision de cette femme admirable qui a eu l’idée de mettre en place cette institution. Femme très humble, elle prend difficilement les compliments, mais elle est inspirante et, tout au long de cette soirée, on le lui a rappelé à plusieurs moments. Je parle de nul autre que Diane Juster. Diane Juster est une femme généreuse, une artiste accomplie et on sent que c’est encore une cause très importante pour elle et, malgré tout, elle va toujours continuer à offrir cet espace de soutien qui valorise la communauté musicale québécoise.

LISTE DES LAURÉATES ET LAURÉATS 2026
Prix Luc-Plamondon – Qualité des paroles
Offert par ICI Musique
DANIEL BEAUMONT
Prix François-Cousineau – Musique en chanson
Offert par Cogeco
FRED ST-GELAIS
Prix Robert-Charlebois – Rayonnement à l’extérieur du Québec
Offert par Power Corporation
YANNICK NÉZET-SÉGUIN
Prix Sylvain-Lelièvre – Enrichissement du patrimoine musical
Offert par Fiera Capital
LES COWBOYS FRINGANTS – MARIE-ANNICK LÉPINE, JÉRÔME DUPRAS ET JEAN-FRANÇOIS PAUZÉ
Prix Clémence-DesRochers – Reconnaissance artistique
Offert par Cinémaginaire
BIZ
Prix André-Gagnon – Musique instrumentale
Offert par Québecor
VIVIANE AUDET
Prix André-Dédé-Fortin – Originalité
Offert par Stingray Musique
LOU-ADRIANE CASSIDY
Prix Paul-Daraîche – Couleur country
Offert par Arsenal Média
ÉRIC GOULET
Prix Gilles-Vigneault – Carrière en marche
Offert par la Caisse de la Culture
FANNY BLOOM
Prix Richard-Grégoire – Musique à l’image
Offert par Hydro-Québec
PATRICK LAVOIE
Prix Édith-Butler – Francophonie canadienne
Offert par T.H.D.
1755 – ROLAND GAUVIN, PIERRE ROBICHAUD ET RONALD DUPUIS
Prix Beau-Dommage – Complicité et pérennité
Offert par RNC Media inc
LES CHARBONNIERS DE L’ENFER – MICHEL FAUBERT, NORMAND MIRON, MICHEL BORDELEAU ET ANDRÉ MARCHAND
Prix Diane-Juster – Engagement et générosité
Offert par SiriusXM
MYRIAM BROUSSEAU ET DANIELLE VAILLANCOURT, cofondatrices de La Petite École de la chanson
Prix Karim-Ouellet – Diversité
Offert par Québecor
PIERRE KWENDERS
Prix Stéphane-Venne – Auteur-compositeur
Offert par la SOCAN
SYLVAIN COSSETTE


