Les soeurs Wilson; intemporelles

Par : Elizabeth Stone
Montréal, Centre Bell, 2 avril 2025. Presque rempli à pleine capacité, le Centre Bell dégage une fébrilité palpable pour cette soirée où Heart signe son grand retour sur scène.
Cheap Trick en ouverture
Le band Cheap Trick assure la première partie avec l’énergie qui les caractérise depuis plus de cinq décennies. Rick Nielsen, fidèle à son excentricité, multiplie les échanges complices avec le public tout en envoyant des riffs incisifs, pendant que Robin Zander prouve que sa voix reste d’une puissance remarquable. Leur setlist, composée de titres phares comme I Want You to Want Me, Surrender et The Flame, crée une atmosphère nostalgique, préparant efficacement le terrain pour le spectacle principal.
Heart, un retour sous le signe de la résilience
Après une année marquée par l’annulation de leur tournée en raison du traitement contre le cancer d’Ann Wilson, Heart foule enfin la scène montréalaise. L’entrée en scène des sœurs Wilson est accueillie par une ovation sincère. Ann, bien que chantant assise dans un fauteuil roulant, impose une présence indéniable dès les premières notes de Magic Man, et que dire de sa prestation de Crazy On You. Son timbre puissant, expressif et qui ne semble pas avoir été trop impacté par le passage du temps, capte immédiatement l’attention. Nancy Wilson, toujours aussi précise et énergique à la guitare, insuffle une dynamique et une présence indéniable au spectacle. Son introduction impeccable à la guitare pour Crazy on you, ainsi que son solo pour le classique Barracuda permet au public de voir que les soeurs Wilson n’ont bel et bien pas perdu la main malgré plus de cinquante ans de carrière.
Entre les classiques de l’album Dreamboat Annie, les pièces solo de Nancy Wilson ainsi que les pièces issues des décénies 80 et 90, les harmonies vocales et la virtuosité instrumentale rappellent pourquoi Heart occupe une place si particulière dans le paysage rock. These Dreams et Alone apportent une touche plus introspective, laissant place à l’émotion brute qui marque la prestation d’Ann Wilson.

Hommage et reconnaissance envers leurs pairs d’époques révolues
Un des moments les plus forts de la soirée survient avec Going to California de Led Zeppelin, interprété dans un enthousiastme fébrile de la foule. Tous connaissent les paroles. Ann Wilson démontre une fois de plus l’étendue de sa voix, offrant une version vibrante et habitée du classique. ‘On aurait aimé être Led Zeppelin’ lance t-elle a quelques reprises à la foule qui, bien que clairement fan du groupe, démontrent a Heart par plusieurs ovations debout, qu’ils ont tout autant une place charnière dans leurs coeurs.
Le concert se clôt sur un rappel chargé d’intensité, concluant une prestation où la passion et la résilience prennent le dessus sur les épreuves passées. Montréalais et fans de passage quittent le Centre Bell avec la certitude d’avoir assisté à un concert marquant, peut être l’un des derniers pour les musiciens de cette époque qui se font de plus en plus rares et où la musique de Heart a une fois de plus prouvé sa capacité à transcender le temps et les obstacles.