Surprise, on change de chef!

Par Lynda Ouellet et Jean Lapierre
En ce mercredi 21 janvier, la Maison symphonique devait recevoir le chef d’orchestre d’opéra renommé Robin Tacciati. Un virus a toutefois contraint Tacciati à annuler sa présence. C’est donc le chef sud-coréen Yankyeol Yoon qui a assuré le concert à pied levé, sur la recommandation de Rafaël Payare. Yankyeol Yoon, un jeune « chef prometteur a remporté l’Herbert von Karajan Young Conductors Award du Festival de Salzbourg en 2023 ».
Au programme, Harlem de Duke Ellington a été remplacé par Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Le reste du programme est demeuré inchangé.
Le chef et les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal ont interprété trois oeuvres : d’abord Roméo et Juliette de Piotr Ilitch Tchaïkovski avec l’Ouverture de la Fantaisie, ensuite le Concerto pour violon en ré majeur d’Igor Stravinsky dans lequel la virtuose Alina Ibragimova a galvanisé le public et enfin, après la pause, la Symphonie no. 3 en la mineur de Sergueï Rachmaninov.
Des oeuvres qui transcendent les époques!
Il s’agissait donc d’un programme principalement axé sur des compositeurs russes de générations différentes, nous permettant de découvrir des sonorités variées. Heureusement, en préconcert, nous avons été ravis de nous faire expliquer l’histoire de ces trois oeuvres et de leurs compositeurs. La musicologue Florence Leyssieux nous a exposé avec intérêt le lien existant entre les pièces choisies.
L’orchestre était complet et occupait toute la scène. Le chef Yankyeol Yoon a amorcé Roméo et Juliette, avec un grand contrôle du moment, grâce à une direction souple, nous plongeant avec finesse dans l’émotion de ce drame. Dirigeant sans partition, il semblait en parfaite harmonie avec l’orchestre et avec l’auditoire.
Une virtuose qui nous en met plein la vue!

Le Concerto pour violon en ré majeur a suivi. On a pu observer l’échange entre la soliste virtuose Alina Ibragimova et l’orchestre. Dans cette œuvre rythmée, formelle et exigeante, la violoniste a démontré une maitrise époustouflante de son instrument. Le chef s’est volontairement placé davantage en retrait, laissant toute la latitude nécessaire à Alina Ibragimova. L’œuvre vise essentiellement à exploiter des possibilités techniques du violon, ce qui s’est traduit par une intensité presque dramatique.
Un chef à découvrir!

Après la pause, la Symphonie no 3 en la mineur de Sergueï Rachmaninov nous a charmés. On a senti le chef Yoon en contrôle. La chimie entre lui et l’orchestre nous a permis d’apprécier cette œuvre un peu moins explosive, mais plus disjonctée, une signature typiquement rachmaninovienne.
Ce programme cohérent nous a fait découvrir un chef en pleine ascension et nous a offert un joli parcours russe. Yankyeol Yoon a démontré profondeur, équilibre entre émotion et rigueur. L’auditoire, très jeune ce soir, a manifestement apprécié. L’OSM serait-il en train de réussir son pari d’attirer une nouvelle génération curieuse de la beauté du répertoire classique ?


