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Tire le Coyote symphonique

Ambiance intimiste à la Maison symphonique?

Crédit photo: Facebook officiel de Tire le Coyote

Par Lynda Ouellet et Jean Lapierre

Nous avions hâte de rejoindre la Maison symphonique ce vendredi 9 janvier afin d’entendre Tire le Coyote accompagné de l’Orchestre symphonique de Drummondville, sous la direction de Julien Proulx.

Notre dernière rencontre avec Tire le Coyote, alias Benoît Pinette, remontait à quelques années, dans l’atmosphère intime de la Maison de la culture de Waterloo. Il nous avait alors marqués par son humilité et par ses courtes, mais captivantes histoires traçant cette fine ligne narrative entre ses chansons. On l’avoue : l’enthousiasme se mêlait à une certaine appréhension. Sa prestation conserverait-elle cette chaleur enveloppante dans une salle de la taille de la Maison symphonique?

Tous alignés vers une sublime rencontre!

Dès les premières minutes, la réponse s’impose. L’esthétique du chanteur est respectée, la poésie se déploie dans la complémentarité entre l’orchestre et la finesse des arrangements de Gabriel Desjardins. La complicité entre l’artiste et le chef Julien Proulx est palpable. Leur précédente collaboration, lors d’un concert semblable en 2024 à Drummondville, explique sans doute l’aisance de cette nouvelle rencontre.

Tire le Coyote ouvre le concert avec Jolie Anne et Comment te dire, où la qualité des textes est magnifiée. Il s’adresse ensuite au public avec humour, souhaite la bonne année et confie que c’est sa première visite à la Maison symphonique.

Le programme, visiblement bien pensé, s’enchaîne avec fluidité. Au premier tour de l’évidence, Sillonner la lenteur et L’âge d’or ne vaut rien — hommage à son grand-père — s’invitent délicatement dans notre imaginaire. Le temps semble suspendu. Tout en nuances et en retenue, la coordination entre le soliste et l’orchestre est remarquable. L’artiste fait également redécouvrir des perles de son répertoire, dont La couleur du vent, Ma révolution tranquille et autres.

Quand la soprano s’en mêle, frissons assurés!

Crédit photo: Facebook officiel de Tire le Coyote

La présence de la soprano Élizabeth St-Gelais apporte un souffle supplémentaire à la soirée, notamment dans Pouvoirs de glace et Chanson d’eau douce, où sa voix, utilisée comme chorale, provoque de beaux frissons. Elle reviendra plus tard pour Chanson d’amour en sol standard.

Impressionné par le lieu, mais parfaitement à l’aise sur scène, Tire le Coyote habite l’espace avec naturel, en particulier lors de Baldy, hommage senti à son idole Léonard Cohen.

L’envoûtement opère jusqu’au bout, renforcé par une scénographie lumineuse réussie. Les éclairages, projetés vers le haut plafond, parviennent à recréer une ambiance intime, malgré la présence d’environ 1 700 spectateurs.

Chaleur, bien-être et lumières, chapeau!

Crédit photo: Facebook officiel de Tire le Coyote

En rappel, un membre du public a demandé la chanson Jésus, pour laquelle ni l’orchestre ni le chanteur n’étaient préparés. Avec l’aval du chef, Tire le Coyote a chanté Jésus, sans orchestre ni amplification. L’émotion, la voix et le propos ont créé un autre moment unique.

Le concert se conclut avec Calfeutrer les failles, qui soulève la salle. Fidèle à lui-même, l’artiste redirige aussitôt les applaudissements vers l’orchestre, le chef Julien Proulx, l’orchestrateur Gabriel Desjardins et toute l’équipe.

Appréhensions dissipées, constat clair : quelle que soit la grandeur de la salle, Tire le Coyote sait livrer sa musique avec une rare intimité. Pour assister à l’un de ses prochains spectacles, suivez ce lien!