Univers musical français et hommage à Jacques Hétu

Par : Marie-Christine Jeanty
Le concert Jeux de Couleurs présenté par l’Orchestre Métropolitain de Montréal a été pour moi, une soirée de découvertes. D’abord, parce que si je suis familière avec l’œuvre de Ravel et de Bizet, je ne connaissais pas les œuvres présentées. Je n’avais jamais entendu parler de Mel (Mélanie) Bonis et encore moins de son œuvre. Elle fait (heureusement!) partie des compositrices oubliées des 19e et 20e siècles que nous redécouvrons à notre époque. Aussi, si comme amatrice de musique classique, je connaissais le parcours de Jacques Hétu (1938-2010). Il est tout même, un des compositeurs contemporains les plus joués au pays et plusieurs de ses œuvres sont ce que nous appelons, les classiques de la musique québécoise, je découvre encore son style.
Cette partie du programme a uniquement été joué à la Maison Symphonique et ne faisait pas partie des pièces présentées en Maison de la Culture. Le chef d’orchestre et hautboïste français, François Leleux dirigeait l’Orchestre. C’est un chef qui est reconnu pour son énergie et son exubérance. Le public montréalais semble avoir beaucoup apprécié.
Ce soir-là, en plus d’Hétu, l’OM a donc présenté Ravel (suite de Ma Mère l’Oye), Bizet (Symphonie en do majeur), Bonis (Le rêve de Cléopâtre). Avec Ma mère l’Oye, Ravel peint 5 tableaux autour de contes connus, tandis que Mel Bonis évoque un monde onirique et sensuel dans son Rêve de Cléopâtre. La combinaison faisait qu’il régnait une ambiance féerique, transportant ainsi le public vers des contrées lointaines. Dans ce public, il y avait une trentaine d’élèves du primaire dont près de la moitié qui sont restés pour les deux heures complètes. La travailleuse culture en moi était comblée!

Revenons à Hétu, le chef invité a donc appris le Triple concerto. Celui-ci dormait dans les tiroirs depuis sa création sous une pluie torrentielle au Festival de Lanaudière de 2003 avec l’Orchestre symphonique de Montréal, le chef Jacques Lacombe et le Trio Hochelaga. C’est donc 23 ans plus tard, que le Trio aujourd’hui composé de la violoniste Anne Robert (fondatrice du Trio), du pianiste Dantonio Pisano et du violoncelliste Dominique Beauséjour-Ostiguy, a repris cette œuvre pour le plus grand émerveillement du public montréalais. La partition est en trois mouvements. Il y a eu des passages avec uniquement le trio mais aussi à échanges avec l’orchestre.
Le public a tellement apprécié l’énergie et l’investissement du Trio Hochelaga qu’il y a eu un rappel. Le trio a alors interprété l’Andante du Trio de Debussy. Une œuvre que Debussy a composé lorsqu’il n’avait que 18 ans. Une soirée qui aura fait du bien à l’âme dans cette période plus chaotique.


