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L’Heptade d’Harmonium, l’intégrale

Un cadeau inestimable!

Crédit Photo: Photo Officielle / Éric Carrière

Par : Serge Guay

À quelques heures du onzième mois de la disparition de Serge Fiori; le chef d’œuvre musical qu’il a créé avec son groupe Harmonium sera rendu pour une toute première fois en spectacle, dans son intégralité.

Pour les 2180 personnes présentes, il est évident que l’aura de Serge Fiori planera dans la salle tout au long du spectacle. Le projet de livrer intégralement en spectacle l’Hedptade est dû à la dévotion et la persévérance de Louis Valois, bassiste et co-fondateur du groupe Harmonium, de M. Marc Boucher du Festival Classica et de la précieuse approbation de Serge Fiori.

Pour notre plus grand plaisir, Louis Valois a su convaincre trois autres membres du groupe Harmonium à le joindre; sa conjointe Monique Fauteux (piano et voix), Serge Locat (aux claviers) et Libert Subirana (flûte traversière, clarinette et saxophone).

Se joignent à eux Julie Valois, fille de Louis et Monique, Maude Locat, fille de Serge ainsi que Tony Chotem, fils de l’illustre Neil Chotem; celui à qui l’on doit tous les arrangements symphoniques qui enveloppent l’Heptade.

Au total, près d’une cinquantaine de musiciens nous livreront chaque note et chaque frisson de cette belle aventure.

Les minutes s’écoulent avant le début du spectacle et une anxiété grandissante s’installe. Les lumières se tamisent suivi d’une entrée en scène du chef d’orchestre Simon Fournier devant les musiciens. Le chef invite alors les quatre membres du groupe au centre de la scène, une ovation immédiate retentit de la foule. Une cinquantaine d’années se sont passées avant que l’Heptade et la délicieuse symphonie composée par Neil Chotem soient enfin entendues en spectacle. 

Crédit Photo: Photo Officielle / Éric Carrière

Un respectueux silence envahit la salle. À l’extrémité droite de la scène, Alexandre Désilets sur une vieille chaise de bois bordé d’une vieille lampe sur table, entame doucement Comme un fou. La pièce évolue avec toutes ses variations et dévoile le superbe jeu de batterie de Robert St-Laurent qui a prit la place laissée vacante par le regretté Denis Farmer. La superbe mélodie qui achève la pièce soulève le public qui hurle sa satisfaction. Chanson noire nous balance d’une mélodie à l’autre où Libert Subirana saute de la flûte traversière à la clarinette et au saxophone pour de brillantes envolées.

Tout comme les deux vinyles de l’album original, Le premier ciel, avec ses chaleureuses harmonies, achève la première moitié de l’Heptade sous une ovation explosive du public estomaqué devant une telle beauté!

Le deuxième volet (ou vinyle) s’amorce avec Le corridor. Assise derrière son vieux piano Rhodes la superbe voix de Monique Fauteux s’étale comme une douce couverture où les harmonies d’Alexandre Désilets nous réchauffent à un niveau encore plus élevé. Dans Lumières de nuit, Serge Locat et sa fille Maude y vont d’un solo saisissant. Les généraux cris et applaudissement fusent à l’unisson. L’énorme et envoûtante Comme un sage absorbe toute l’énergie et la reconnaissance du public ébahi qui entonne le refrain qui laissera sans paroles et bouche bée les chanteurs et choristes sur scène. 

Une finale des plus émotives laissera les membres d’Harmonium en larmes, tout comme les larmes qui ont ruisselées le long des joues de nombreux spectateurs et spectatrices. Louis Valois prend parole pour remercier tous ceux qui ont contribués à ce mémorable événement. Il fait monter sur scène Michel Normandeau, membre original d’Harmonium, pour finalement saluer son bon ami disparu, le grand Serge Fiori ovationné à tout rompre.

Crédit Photo: Photo Officielle / Éric Carrière

Un enivrant rappel avec la superbe Ça fait du bien de l’album 200 nuits à l’heure de Fiori-Séguin. Tout au long de la soirée, le plaisir contagieux de Louis Valois entouré des parfaites performances musicales et Alexandre Désilets qui, sans jamais tomber dans l’imitation, aura su transmettre les intonations et émotions impératives à ce gigantesque défi.

Le spectacle de ce soir se voulait historique et il l’a été. Un travail colossal pour une œuvre colossale! L’Heptade d’Harmonium est un bijou de la culture Québécoise et de l’avoir présenté pour une première fois intégralement en spectacle, ça aura été un cadeau inestimable!