Le Festival International de Jazz accueille un lancement d’album tout en minimalisme et en introspection

Par : Ariane Monzerolle
La musique d’Arielle Soucy a toujours un côté apaisant et doux. Avec son deuxième album, Passages, paru en mars 2026, cette sensibilité demeure, mais elle se teinte d’une dimension presque sacrée. Présenté dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, le spectacle qui servait également de lancement de l’album plonge rapidement le public dans un univers contemplatif où les harmonies vocales, les éclairages minimalistes et les silences occupent autant d’espace que les chansons elles-mêmes.
Pour ce deuxième album, Arielle Soucy se confie rapidement sur ses influences. On retrouve d’abord celle du poète américain Christian Wiman, dont la prose l’a inspirée dans sa manière d’aborder les choses, en questionnant la matérialité du quotidien et en prenant le temps de vivre et d’observer. Une autre influence importante, cette fois davantage musicale, est Arvo Pärt, compositeur estonien majeur de la musique contemporaine. On lui associe notamment le tintinnabuli, une écriture minimaliste fondée sur des motifs répétitifs et une impression de résonance, souvent liée à une atmosphère spirituelle. L’artiste parvient à s’approprier ces influences et à les intégrer à son univers. Les neuf chansons de l’album s’éloignent parfois de ce qu’on lui connaissait, mais s’inscrivent bien dans la continuité de son œuvre.

Les chansons proposées sur cet album sont touchantes par leur authenticité et leur dimension presque sacrée. Elles restent en tête. Tout au long du spectacle, Arielle Soucy s’ouvre avec beaucoup de douceur, dans une forme parfois désarmante. Ses chansons abordent le mal-être des dernières années, la difficulté d’exister dans un corps qui vacille et la recherche de bonheur dans une réalité souvent lourde. Mais elles proposent aussi de l’espoir et de la tendresse. Un équilibre fragile qui fonctionne.
Passages est définitivement un album sensible et cohérent qui mérite une écoute attentive. On y découvre ou redécouvre des courants musicaux peu présents dans notre quotidien, portés par une écriture remplie d’émotion. On ne peut pas rester indifférent face à celui-ci.


