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Baby Shower : briser les tabous entourant la maternité

Une thématique riche !

Crédit : David Mendoza Helaine

Par : Ariane Dostaler

Vendredi soir dernier, je me suis rendue à la Place des Arts pour assister à la pièce de théâtre Baby Shower, attirée d’abord et avant tout par son concept.

Le sujet, à lui seul, possède un potentiel immense. Cette tradition moderne est devenu un véritable rituel social : un moment où les femmes (et parfois les hommes) se rassemblent pour célébrer une future mère, entourés de cadeaux, de jeux (parfois à l’humour douteuse) et de discussions sur la maternité.

Dans une société où ces célébrations occupent une place grandissante, choisir cet angle pour une œuvre théâtrale m’apparaissait à la fois actuel et riche en possibilités dramatiques.

Rapidement, la pièce nous entraîne toutefois loin de l’esthétique parfaite que l’on associe aux publications Instagram et Pinterest qu’on a l’habitude de voir. Ici, le vernis craque. Derrière les décorations festives émergent des relations complexes, chargées d’histoire et de tensions. On comprend que les personnages ne sont pas uniquement réunis par une amitié simple et évidente : peut-être qu’elle a déjà existé, forte et sincère, mais les blessures et les non-dits prennent désormais beaucoup d’espace.

Vulnérabilité et confrontations

Crédit : David Mendoza Helaine

Les cinq actrices de la nouvelle mouture : Claude Breton-Potvin (Anne-Marie), Noémie F. Savoie (Éliane), Jeanne Gionet-Lavigne (Jade), Myriam Lenfesty (Stéphanie), Lucie M. Constantineau (Camille) livrent d’ailleurs des performances solides et nuancées.

Chacune porte une trajectoire émotionnelle distincte, offrant des courbes narratives riches et crédibles. Leur jeu permet de naviguer entre confrontations, révélations et moments de fragilité avec justesse. Si j’avais une petite réserve, ce serait peut-être un désir d’avoir vu davantage de moments d’amitié ou de légèreté, afin d’offrir un peu plus de respiration au cœur de l’intensité dramatique.

La mise en scène de Catherine Côté mérite aussi d’être soulignée. Le décor principal : un salon où se déroule la majorité de l’action, était intelligemment complété par un second espace : la salle de bain. Ce choix scénographique s’est révélé particulièrement fort. Associée à l’intimité et aux confidences, cette pièce devenait le lieu des vérités plus vulnérables, où les personnages pouvaient se déposer loin du regard du groupe.

Au fond, Baby Shower explore avec sensibilité la vulnérabilité et les questionnements entourant la maternité ; qu’on la désire, qu’on la redoute ou qu’on la refuse. On plonge dans les réflexions d’une génération de femmes à la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine, à ce moment charnière où les choix de vie prennent une résonance particulière.

Somme toute, j’ai passé un beau moment. Présentée pour une seule représentation, la pièce laisse espérer un retour prochain. Une production de Mon père est mort à garder à l’œil.

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