Une première réussie pour Coco Belliveau

Le mardi 10 février dernier, Coco Belliveau est montée sur la scène du Gésù avec cette aura qu’on lui connaît depuis son passage remarqué à Big Brother Célébrités. Si certains l’ont découverte sous le titre de « vilaine » dans l’émission, c’est un tout autre qualificatif qui s’impose lorsqu’on ressort de son spectacle : magnétique.
Dès les premières minutes, on sent que le spectacle a été minutieusement construit. Coco Belliveau ne se contente pas d’enchaîner les blagues ; elle bâtit son heure comme une véritable pyramide. Chaque numéro ajoute une brique, chaque anecdote élève la structure, jusqu’à atteindre un sommet d’intensité comique. Plus on avance, plus les éclats de rire se font francs, spontanés, incontrôlables.
Le clou de la soirée? Ce numéro de clôture où elle raconte son spectacle de fin d’année, mimant avec un sérieux désarmant une performance au « air bongo ». La scène est décrite avec une précision si imagée qu’on la voit littéralement se dérouler devant nous. Coco excelle dans cet art : elle lance les éléments, sème les détails, puis laisse notre cerveau faire le reste du chemin. Le résultat est irrésistible. Les rires montent en crescendo au point où l’on cherche presque son souffle tant l’hilarité nous secoue.
Dans la tête de Coco Belliveau
Au cœur de Cocologie, le fil conducteur est sa différence. Coco parle ouvertement de son autisme, un thème qui pourrait sembler attendu ou traité avec lourdeur. Or, elle choisit la voie de la créativité et de l’autodérision fine. Elle nous invite dans sa logique, dans sa manière unique d’analyser le monde, de décoder les interactions sociales, de vivre les situations du quotidien. Plutôt que de simplifier ou d’expliquer didactiquement, elle transforme ses particularités en terrain de jeu comique.
C’est d’ailleurs là que le titre prend tout son sens. Cocologie n’est pas qu’un jeu de mots : c’est l’étude de Coco par Coco. Une plongée dans son univers, guidée par son intelligence vive et son sens du timing redoutable.
On ressort du Gesù avec l’impression d’avoir non seulement ri aux éclats, mais aussi d’avoir mieux compris l’artiste – et la femme – derrière l’humoriste. Et surtout, avec la certitude que son charisme dépasse largement les étiquettes qu’on a pu lui coller.


