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Échos de la forêt – OM !

Puissante joie !

Yannick Nézet-Séguin dirige l’Orchestre Métropolitain
Crédit photo: François Goupil

Par Lynda Ouellet et Jean Lapierre

À la Maison symphonique, ce mardi 31 mars avec le chef Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain, nous sommes présents pour assister à l’Échos de la forêt. Une salle comble remplie d’un public enthousiaste accueille avec joie la petite mise en situation du chef sur ce que nous nous apprêtons à voir.

Trois œuvres au menu : Johannes Brahms avec Ouverture tragique, Antonín Dvořák avec Concerto pour violoncelle et Rita Strohl avec Symphonie de la forêt. Le virtuose violoncelliste Jean-Guihen Queyras, un collaborateur de longue date de l’OM et soliste de renommée internationale sera mis de l’avant pour le Concerto pour violoncelle de Dvořák.

Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain devant l'auditoire
Crédit photo: François Goupil

L’Ouverture tragique vise une représentation universelle de la condition tragique ; pour cette raison, l’impact est fort. Johannes Brahms est le compositeur favori de Nézet-Séguin. Il nous a expliqué en introduction, la profondeur de cette œuvre, tragique n’étant pas nécessairement dramatique. C’est ce que nous avons entendu ce soir, on sentait une tension du début à la fin mais sans lourdeur.

Le chef nous a présenté une œuvre toute en transparence, chacune des sections supportant clairement la trame tragique. Nézet-Séguin a dirigé avec cœur cette Ouverture tragique et confirme que l’OM et Brahms vont de pair.

Ce lien d’amitié avec l’OM !

Un grand nombre de violoncellistes considère le Concerto pour violoncelle le chef-d’œuvre ultime car il met en lumière la profondeur, l’émotion, la polyvalence et l’étendue de l’instrument.

Jean-Guihen Queyras
Crédit photo: François Goupil

Nous avons constaté la grande complicité entre le chef Nézet-Séguin et Jean-Guihen Queyras. L’approche et le son chaleureux de l’OM ajoutés à la clarté et à la sobriété du violoncelliste ont contribué à nous livrer un dialogue envoutant entre l’orchestre et le soliste. Queyras nous impressionne autant par sa grande maîtrise, que la subtilité et l’humilité de son interprétation. Un grand moment que l’auditoire a longuement ovationné. Nous avons eu droit à un rappel, un solo de l’artiste, une classe de maître exposée à toutes les subtilités de son instrument.

Un poème symphonique !

Dans sa Symphonie de la forêt, Rita Strohl, née en Bretagne (1865-1941), explore une traduction sensible et intérieure de son contact avec la nature. Elle ne l’imite pas. C’est un poème symphonique, différent de Brahms et Dvořák. Nous l’avons vu telle une expérience pour nos sens, passant de la douceur à de la langueur jusqu’à une apothéose où tout l’orchestre est mis à contribution dans le quatrième mouvement, Chasse à l’auroreAurore et Lever de soleil.

Nézet-Séguin salue des musiciens
Crédit photo: François Goupil

Ce concert de l’Orchestre Métropolitain nous dévoile continuellement la polyvalence de l’orchestre et de son chef Yannick Nézet-Séguin. Ce soir, nous sommes passés de la précision vivante de Brahms et Dvořák à la poésie de Rita Strohl. L’auditoire est reparti comblé et enveloppé d’échos boréaux.