Un exploit en soi !

Par: Sylviane Gagnon
Le 17 mai dernier avait lieu la prestation de l’Ensemble ArtChoral, qui revisitait une partie du répertoire des Beatles à la Maison symphonique de Montréal. Dans une salle presque pleine, le chef de chœur Matthias Maute a su insuffler une autre dimension à ces classiques fort connus. Réaliser un arrangement avec les chansons de ce groupe culte en chant choral est un défi en soi, mais les interpréter a cappella avec un piano aussi discret (Antoine Joubert) et des percussions presque intimes (Philip Hornsey) relève véritablement de l’exploit. Sur scène, vingt choristes offrent un équilibre parfait entre sopranos, altos, ténors et basses, et ravivent avec grand plaisir des chansons mythiques et inoubliables. L’Ensemble ArtChoral est un chœur professionnel reconnu depuis 40 ans qui se produit partout dans le monde. Il cumule également plusieurs albums classiques à son répertoire.
Une entrée remarquée !
Dès le départ, on entend les premières notes lointaines de Yellow Submarine et les choristes arrivent sur la scène en suivant le chef de chœur, qui nous invite à chanter avec eux, les choristes accentuant la puissance des voix en un véritable crescendo. Suivront les légendaires Can’t Buy Me Love, And I Love Her, Penny Lane et plusieurs autres, interprétées parfois comme une douce ballade, parfois avec un ton plus jazz. Le piano et les percussions donnent du rythme, mais demeurent en arrière-plan afin de réellement mettre les voix en valeur. When I’m Sixty-Four nous entraîne dans un air plus proche du charleston. La célèbre Michelle est chantée entièrement a cappella et sonne comme une louange, très douce à nos oreilles. Deux des chansons, I Saw Her Standing There (plutôt endiablée) et Blackbird (plus jazz), sont uniquement instrumentales et interprétées en solo par l’excellent pianiste Antoine Joubert, lauréat de plusieurs prix nationaux et internationaux.
Une surprise nous attend !
Avec étonnement, nous découvrons qu’une centaine de choristes se cachent dans les rangées à l’avant. Ces choristes font tous partie du Grand Chœur et viendront enrichir l’Ensemble ArtChoral en amenant davantage de profondeur et de puissance pour trois des pièces au programme : Let It Be, All You Need Is Love et une finale grandiose avec Hey Jude.
Un chef chaleureux
Matthias Maute, directeur artistique et chef d’orchestre, récipiendaire d’un prix Juno, possède une réputation internationale. Il donne un ton sympathique et accueillant envers le public tout au long du spectacle. On ressent son amour pour les Fab Four, qu’il nous transmet avec enthousiasme en nous racontant quelques anecdotes historiques, dont certaines ont été vécues à Montréal, ce qui fait bien rire l’auditoire. M. Maute maîtrise parfaitement son chœur et, comme il doit faire face aux centaines de choristes dans la salle à trois reprises, l’Ensemble ArtChoral est solide et doit faire preuve d’une grande assurance, sans le recours de son chef pour ces pièces.
Remise des prix Découvertes de Mécénat Musica
Au retour de l’entracte, le chef de chœur, Matthias Maute, profite de l’occasion afin de remettre les quatre prix Découvertes 2026 offerts par Mécénat Musica, un organisme philanthropique qui contribue grandement à soutenir les arts de la scène et la culture d’ici. Les quatre lauréats reçoivent une bourse de 5 000 $ chacun. Pour 2026, il s’agit de : Jocelyne Leroux (soprano), Jamel Al Titi (baryton), Alexandre David (compositeur, arrangeur et producteur) et William Kraushaar (basse). Celui-ci suscite d’ailleurs quelques réactions dans la salle en prenant le micro avec sa belle voix grave et radiophonique afin de nous démontrer l’importance du rôle de Mécénat Musica pour la musique et en invitant les gens de la salle à y contribuer.
Une finale fabuleuse
La dernière pièce, Hey Jude, est interprétée avec le Grand Chœur et prend presque des airs de gospel, le chef invitant l’auditoire à chanter avec beaucoup de plaisir. L’éclairage sera aussi de la partie en devenant plus puissant avec des lumières clignotant de plus en plus rapidement, afin d’accompagner les choristes dans une finale en apothéose. Bref, un spectacle conçu spécialement tant pour les amoureux des Beatles que de l’art vocal.


