The Light For Days : l’antre d’un créatif hors norme

Par : Myriam Bercier
Dès l’arrivée sur la scène du Théâtre Beanfield de Jacob Collier, multi-instrumentiste de 32 ans originaire d’Angleterre, on sent que le public est conquis. Sur scène, des plantes et d’immenses bougies qui changent de couleur au rythme des pièces donnent l’impression d’être dans le studio de l’artiste. Il ouvre la soirée avec You Can Close Your Eyes, première chanson de l’opus The Light For Days sorti en 2025. Il y a quelque chose de touchant dans sa manière d’interpréter. Il faut entendre la foule renifler, visiblement émue.
Jacob Collier est un virtuose : non seulement est-il un incroyable guitariste et pianiste, mais il surprend tout le monde lorsqu’il annonce que, pour le prochain morceau, chacune de ses jambes jouera d’un instrument différent. À ce moment, une jambe joue de la batterie électronique, l’autre semble actionner un synthétiseur, tandis que ses mains jouent au piano et que sa voix débite rapidement les paroles avant de se lancer dans une section de beatbox.
Si sa voix ne sonne pas aussi grave que sur ses enregistrements, sa performance est authentique et lumineuse, parfois même atmosphérique, à la limite du magique. On a l’impression qu’il laisse parler sa créativité, voire sa folie, et que le seul fil qui relie le tout est lui. Il offrait deux spectacles le même soir, un à 19 h 00 et un à 22 h 30; il aurait été amusant de comparer les deux. On a l’impression qu’il a une feuille de route, un ordre établi pour ses chansons, mais qu’il se prend lui-même au jeu et se laisse inspirer par ses envies du moment à chacune des chansons.
The Light For Days est une tournée solo. Mais cela ne signifie pas que Jacob est seul à jouer de la musique, loin de là. À plusieurs moments pendant la soirée, il se transforme en chef de chœur, donnant la note aux différentes sections de la foule, qui le suivent et s’amusent avec lui. Pendant Summer Rain, notamment, il demande aux différentes sections de faire des bruitages qui, une fois assemblés, ressemblent à, vous l’aurez deviné, une pluie d’été. Dans la même chanson, il étonne le public lorsqu’il s’assoit au piano, guitare à la main, et joue des deux instruments en même temps.
Jacob Collier se fait connaître en 2011 grâce aux reprises qu’il publie sur YouTube. Il n’a pas boudé son plaisir en offrant trois reprises : Norwegian Wood et Yesterday des Beatles ainsi que Somebody to Love de Queen.
Chaque tableau de cette tournée est savamment réfléchi. Tout au long du spectacle, Collier enfile les perles, une à une, pour offrir à la foule un spectacle qu’elle n’oubliera pas de sitôt.


