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Pierre Lapointe aux Francos 2026 : mariage parfait entre nouveauté et nostalgie

Une balade symphonique réussie pour Lapointe et sa Forêt des cœur abîmés

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

Par : Myriam Bercier

Dans la Maison symphonique de la Place des Arts, Pierre Lapointe conviait ses auditeurs dans sa Forêt des cœurs abîmés, spectacle offert avec l’Orchestre métropolitain (OM) présenté dans le cadre des Francos.

Soyez sans crainte, nul n’avait le cœur mal en point à la fin de ce concert. Tous avaient plutôt les oreilles remplies d’arrangements spectaculaires (signés Antoine Gratton, un véritable virtuose) et de l’air de Deux par deux rassemblés, pièce offerte une seconde fois en rappel, en version festive. Commençons par le début.

Lorsque les lumières se sont tamisées, le public semblait fébrile, voire impatient, tandis que Pierre Lapointe se faisait attendre. Puis, dès son apparition sur scène aux côtés du chef d’orchestre Thomas Le Duc-Moreau, la salle a explosé en applaudissements.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

Le pari, avec La forêt des cœurs abîmés, était périlleux : réussir à interpréter deux albums en 1 h 30. En première partie, les Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé, son plus récent opus, puis, en seconde partie, l’album désormais culte La forêt des mal-aimés.

Ce dernier soufflait d’ailleurs ses 20 bougies cette année. « Ceux qui veulent m’entendre parler entre les tounes, venez me voir à un autre show! », badine l’artiste avant de se lancer. Seul moment où il brisera sa promesse? Lors de la pièce Le secret, qui semble représenter un bon défi pour le chanteur. « J’étais tellement fier d’avoir mon cue que j’ai tout fucké! C’est pas facile jouer avec l’orchestre! » rigole-t-il, avant de recommencer du début.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

Chaque pièce est jouée dans l’ordre des albums. Pierre Lapointe arpente la scène comme un fauve en cage, jouant à la fois le rôle du dompteur et du dompté lorsqu’il claque son fil de micro au sol comme un fouet. L’orchestre ponctue sublimement ses morceaux, sans jamais les étouffer. Par exemple, Dans nos veines, devient épique, presque militaire, sous les bons soins de l’OM, alors que Les étoiles guident les âmes devient presque céleste. La première partie se termine sous une ovation debout généreuse.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

Lorsque la deuxième partie débute, le public comprend qu’il assiste à quelque chose de spécial. Des bruitages étranges qui ouvrent La forêt des mal-aimés aux habits de Pierre Lapointe (qui s’est changé entre les deux parties, troquant son habit noir et blanc pour un manteau surdimensionné au motif de pois multicolores, pantalon rose et Crocs bleu poudre), tout respecte l’esthétique à laquelle nous a habitués l’artiste originaire d’Alma. « Quand on a pensé ce spectacle-là, j’ai dit que je ne voulais pas d’éclairage, je ne voulais pas de décor, juste de la musique. Je réalise que c’est moi, le décor. Bon, on enchaîne! », se moque-t-il entre deux pièces.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

La forêt des mal-aimés est un incroyable album qui n’a pas pris une seule ride. Chaque nouvelle version offre une couleur différente, une nouvelle vie à ces chansons qui accompagnent tout un chacun depuis 20 ans déjà. Et chacune des interprétations est juste : sobre sur Tous les visages, plus théâtral sur Nous n’irons pas et nostalgique sur Au 27-100 rue des partances. Impossible de passer sous silence l’interprétation de la pièce L’équipage, avec ses couplets presque a cappella où on ressent toute la sensibilité et la vulnérabilité de Pierre Lapointe, suivi du refrain, tout simplement explosif.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev

En fin de concert, Pierre Lapointe est longuement ovationné, avant que l’Orchestre métropolitain ne reçoive à son tour une ovation tout aussi méritée.