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Salons Acoustiques : Antoine Corriveau en toute intimité

Simplicité et légèreté

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

Par : Martin Postel-Vinay

Ce jeudi soir est un bon jeudi soir. D’abord parce que je découvre la discrète salle de La Chapelle Scènes Contemporaines, cachée derrière le boulevard Saint-Laurent, rue Saint-Dominique, dans le cadre des « Salons Acoustiques ». Ces concerts intimes, sans micro ni amplification, se déroulent devant un public limité à une trentaine de personnes. Ensuite, c’est un bon jeudi soir parce que c’est Antoine Corriveau qui se produit. Cet artiste québécois a beaucoup fait parler de lui à la sortie de son dernier album, Oiseau de nuit.

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

Après une courte introduction, Antoine Corriveau entre en scène : les bras ballants, les cheveux en pétard, dans un blazer à perles qu’il semble avoir fait lui-même. Il parle, nous met à l’aise, nous invite à nous rapprocher, à fumer des clopes.

« Nan, je rigole. Allumez pas de clopes»

On commence alors à comprendre la légèreté de ce personnage à l’allure loufoque, souvent comparé à Alain Bashung pour son esthétique et sa musique brute et poétique.

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

Seul sur scène, simplement accompagné d’un piano et de trois guitares acoustiques, il jouera presque l’intégralité de son prochain vinyle, qui réunira d’un côté son prochain album, Baignade au centre du fleuve, et de l’autre Feu de forêt, son album de 2018, qui sera pressé en vinyle pour la première fois. Ce contexte ne lui permet malheureusement pas de jouer Oiseau de nuit, qui nécessite un groupe complet pour être interprété. Par contre, il lui permet de se mettre à nu et de se rapprocher du public, d’échanger avec lui, de faire des blagues et de répondre aux questions. Très vite, une atmosphère très détendue et intime s’installe.

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

Baignade au centre du fleuve a été écrit au mois de janvier, selon « la méthode ». Une technique d’écriture qui consiste à se forcer à écrire une chanson tous les trois jours en se donnant une contrainte, comme simplement décrire ce qui se passe par la fenêtre.

« J’ai regardé par la fenêtre, y’avait fuck all, j’ai fermé les rideaux et j’ai écrit. »

De quoi mieux comprendre sa personnalité drôle et imprévisible et mieux interpréter les chansons qui suivent, mêlant des paroles brutes, tantôt imagées, tantôt directes, à des suites d’accords simples mais percutantes.

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

La performance vocale d’Antoine est bien particulière. Il passe aisément d’une voix grave, teintée des nombreuses cigarettes qu’il a fumées entre deux jam sessions, à une voix très aiguë, presque angélique, particulièrement touchante et bien maîtrisée. Lorsqu’elle résonne sans micro dans ce petit théâtre, il est difficile de ne pas être touché par la dualité de ce personnage, la sincérité de ses écrits et leur interprétation.

Crédit Photo : Martin Postel-Vinay / Mattv

On sort de ce théâtre reconnaissant d’avoir vécu un tel concert dans un contexte si intime, si proche de l’artiste, qu’on a l’impression de le connaître après plus de 1h30 de discussions et de chansons à nu, sans artifices ni écran de fumée. Il est important d’encourager ces initiatives de la part des salles et des organisateurs, passionnés par la musique et qui font tout pour élever la scène québécoise. Je vous invite à regarder de plus près la programmation de La Chapelle Scènes Contemporaines.

Crédit Photos : Martin Postel-Vinay / Mattv