un magazine web axé sur la culture d’ici

Turandot – Giacomo Pucini

Spectaculaire opéra! 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Par Lynda Ouellet et Jean Lapierre

À la Salle Wilfrid-Pelletier, ce mardi 29 septembre, nous voici à l’opéra pour entendre Turandot de Giacomo Pucini une production de grande envergure avec plus de 150 artistes sur scène. La coproduction est une association entre l’Opéra de Montréal, le Washington National Opera et le Dallas Opera.  

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Les interprètes de cette giga production sont: Maida Hundeling (Turandot), Andrea Shin (Calaf), Kirsten Mackinnon (Liu), Raymond Aceto (Timur), Nathan Keoughan (Chancelier), Rocco Rupolo (Intendant), Angelo Moretti (Cuisinier en chef), Richard Margison (Altoum), Colin Mackey (Mandarin) et Thomas Macleay (Prince de Perse). 

Pour compléter cette copieuse distribution, le Chœur de l’Opéra de Montréal dirigé par Claude Webster et l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Paolo Arrivabeni, assumeront l’accompagnement de voix et de musique de ce grand spectacle. 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Monumental, exotique, envoûtant, ce conte de fées de Carlo Gozzi inspiré de la Chine légendaire nous transporte dans un monde d’amour, de violence et de beauté. L’histoire est celle d’une princesse belle et cruelle qui demande de résoudre trois énigmes si on veut être son époux. Un prince de Perse a déjà échoué et on lui a coupé la tête, triste sort à qui voudra tenter sa chance.  

C’est alors qu’arrive un prince inconnu, Calef, qui tombe follement amoureux de Turandot. Il parviendra à résoudre les trois énigmes. Toutefois, le prince impose lui aussi une condition à leur union soit celle de trouver son nom. 

Le moment suprême arrive avec Nessum Dorma, ce chant de l’opéra si populaire. Allez l’écouter et vous verrez, vous le reconnaîtrez aussitôt.  

De haut niveau, on touche la perfection ! 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

L’Opéra de Montréal a l’habitude de nous présenter des opéras de qualité mais, ce soir, ce Turandot est un spectacle exceptionnel et nous en sommes sortis véritablement emballés.  

Ce qui nous a particulièrement marqués, c’est cette impression assez rare de ne pas être simplement devant un spectacle, mais d’être entraînés à l’intérieur de l’histoire. Tout d’abord, il y a le talent des chanteurs, Maida Hundeling vraiment en voix qui nous a permis de rencontrer Turandot dans toute sa cruauté et de comprendre ses émotions.  

Andrea Shin a partagé son arrogance et la passion de l’amoureux transi. Son Calaf est crédible. De plus, nous pourrions présenter des mentions spéciales à toute la distribution ainsi qu’à Kirsten Mackinnon (Liu) pour sa luminosité et sa merveilleuse voix.  

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Il y a eu aussi la puissance de l’orchestre sous la direction de Paolo Arrivabeni.  La musique de Puccini nous a évidemment fait vivre les émotions et les passions des personnages. La judicieuse mise en scène de Francesca Zambello et de son assistante, Anna Maria Bruzzese, ajoutée à l’ampleur du déploiement scénique, des décors, des costumes, des éclairages et des mouvements de foule nous ont véritablement transportés dans cet univers. 

On a plongé à fond ! 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Nous avions l’impression d’être devant un film dans cette façon de faire vivre la scène. Le spectaculaire n’était pas là uniquement pour impressionner : il contribuait à raconter l’histoire et à nous y faire entrer. Comme spectateurs, nous faisions partie de cette foule, de cette violence, de ces cérémonies et de ces passions. Nous étions témoins actifs du destin de Turandot et de Calaf.  

C’est probablement ce qui nous a plu dans cette production : les chanteurs nous ont fait ressentir l’œuvre, tandis que la mise en scène et le grand déploiement nous ont fait entrer dans son monde. 

Comme c’est un opéra qui est resté inachevé et que plusieurs versions en ont été faites. L’Opéra de Montréal a sélectionné la composition inspirée des esquisses de Pucini et la finale a été déterminée avec la composition américaine de Christopher Tin. Cette fin est absolument fascinante et politiquement correcte. Mais, Turandot, la cruelle et la terreur de son peuple se change en une nuit en Turandot l’empathique. On a quitté le film pour revenir à ce que l’opéra peut être, dramatique! Puccini avait des enjeux avec cette finale, il est mort avant de le construire. 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand

Bref, c’est une soirée magique et exceptionnelle que l’Opéra de Montréal a offerte à son public. Fait à noter, un auditoire varié, beaucoup d’étudiants et de collégiens bien mis pour l’occasion, des gens de tous âges et qui sont rentrés heureux à la maison. L’Opéra de Montréal vient de mettre la barre haute pour la suite. 

Pour assister à une prochaine représentation de Turandot, il reste une représentation soit le 4 octobre, empressez vous de vous y joindre. Pour les autres opéras à venir, suivre ce lien! 

Opéra de Montréal/Vivien Gaumand