Une réflexion nécessaire

Par : Isabelle Dominique Kroeh
C’est un lundi matin au Quartier Latin que les journalistes étaient invités au visionnement de presse du film 125, rue des Malaises. À la suite de la projection, les médias ont ensuite pu discuter avec les comédiens Rémy Girard, Geneviève Schmidt, Pier-Luc Funk, Claude Legault et Guylaine Tremblay (absente lors de la rencontre), de même qu’avec la productrice Denise Robert et le réalisateur Louis Bélanger, lors d’une rencontre animée par Ève-Marie Lortie.
Le scénario
Laurent Perrier (Rémy Girard) a pris une importante décision et souhaite maintenant l’annoncer aux personnes qui comptent le plus pour lui : sa fille, sa voisine et amie de longue date, ainsi que son fils issu d’une relation extraconjugale, qu’il n’a jamais vraiment cherché à connaître, mais qu’il invite malgré tout à son chalet pour cette occasion.
Laurent leur révèle qu’il a choisi la date à laquelle il mettra fin à ses jours, convaincu de ne pas vouloir devenir un fardeau pour ses proches. Mais, comme on pouvait s’y attendre, ce qui devait être une fin soigneusement planifiée ne se déroule pas tout à fait comme Laurent l’avait imaginée.

Un sujet lourd abordé avec légèreté
125, rue des Malaises aborde un sujet lourd avec beaucoup de légèreté… et même un brin de magie.
Le film permet de mettre des mots sur ce qui se passe lorsqu’on aborde la mort. Il déconstruit certains mythes et certaines perceptions qui l’entourent, ainsi que les craintes qu’elle peut susciter. Et surtout, il fait rire. Non pas par malaise, mais parce que nous, les humains, sommes de drôles de créatures.
Par exemple, lorsque Marie-Claude apprend que son père a choisi le 17 comme date pour partir, sa première réaction est de lui dire qu’elle travaille cette journée-là… avant d’ajouter, presque dans le même souffle, qu’elle sera donc seule à Noël.
Pourquoi?
Pourquoi un septuagénaire en santé choisirait-il de mettre fin à sa vie?
Pour Laurent, cette décision est le résultat d’une longue réflexion. Il estime avoir eu une belle vie, s’être réinventé au fil des ans et préfère partir avant que sa santé ne se détériore ou de devenir un poids pour ses proches.
Le film nous présente en quelque sorte deux perceptions, ou peut-être même deux vérités. D’un côté, sa réflexion fait du sens, notamment lorsqu’il évoque la crainte de vieillir, de devenir malade ou de représenter un poids pour ceux qu’il aime. De l’autre, on se met naturellement à la place de ses proches, qui ne veulent tout simplement pas le perdre.
125, rue des Malaises nous rappelle qu’on ne réalise peut-être pas toujours à quel point on est aimé, n’est-ce pas!
Pour ou contre l’aide médicale à mourir?
Lors de la conférence de presse qui a suivi le visionnement, Pier-Luc Funk a partagé une image qui aide à mieux comprendre la décision de Laurent : celle d’un homme qui a l’impression d’être arrivé au sommet de la montagne et qui ne souhaite surtout pas amorcer la descente.
Peut-on vraiment en vouloir à Laurent? Est-il égoïste de vouloir choisir le moment de son départ, ou fait-il preuve d’une lucidité que ses proches ne peuvent accepter.
En salle dès le 16 juillet
N’hésitez pas à aller voir 125, rue des Malaises. Malgré le sujet qu’il aborde, c’est un véritable feel-good movie. Avec beaucoup d’humour, de sensibilité et d’humanité, le film ouvre la porte à des conversations parfois difficiles, les rendant peut-être moins intimidantes qu’on pourrait le croire.
Et surtout, il nous amène à réfléchir au droit de choisir, à la liberté de décider pour soi, de son corps et de sa vie. Et juste pour ça, il mérite qu’on s’y attarde.
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