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«Vive la musique Québécoise» Vulgaires Machins la révolte au Théâtre Beanfield

Le rock québécois n’a rien d’un vulgaire machin

Vulgaires machins
Photo : Vulgaires Machins

Par : Marin Agnoux

De temps à autre, sur la route d’un concert, je me perds un peu dans mes pensées. Hier, Mark Hollis aux oreilles, ça me prend quelques minutes avant de rentrer dans le Théâtre Beanfield. Même après les épisodes de pluie verglaçante ravageuse au Québec la salle est pleine. Veste de cuir, jean noir et botte en cuir déambulent, l’ambiance chaleureuse d’un rock nostalgique esquisse des sourires aux quatre coins de la scène. Vulgaires Machins, signé chez Costume depuis maintenant 2 albums, reviennent à Montréal pour cette fois-ci défendre leur dernière sortie Contempler l’abîme.

Quelques notes d’un piano d’enfant sortent comme une comptine derrière les rideaux, le groupe de Granby monte sur la scène sans artifice, doté du minimum syndical pour un concert. La comptine s’arrête, les guitares s’embrasent et s’embrassent de manière explosive, « Mesdames et Messieurs c’est la fin », les paroles de leur premier titre s’exclament, Terminé le Fun, ouvrent les portes avec un brin d’ironie apprécié. Réputés pour leur démarche engagée, anticapitaliste et contre le consumérisme, Vulgaires Machins joue la musique de la fin du monde et quand tout aura fini, on pourra recommencer.

vieille photo de Vulgaires machins
Photo : Vulgaires Machins

Le public traverse les générations, danse et hurle harmonieusement les refrains du cataclysme « La fin des États-Unis d’Amérique », la nouvelle hymne Om mani padme hum enthousiasme la foule déchaînée au-devant de l’estrade. Si bien des fois les rêves de révolution sont déchus, Guillaume Beauregard et Marie Eve Roy n’hésitent pas à rappeler que la révolte c’est ici, même à petite échelle. Quelques notes de guitare pour le solo, ils ne se prennent pas pour des guitares héros, ni au sérieux d’ailleurs, et c’est bel et bien ce qu’on attendait.

Après 30 ans, Vulgaires Machins ne sont pas les anciens punks trop prétentieux qui ont succombé à la notoriété au détriment de leur opinion politique. Le combat est le même et il n’est pas terminé. Après un petit détour par la France pour leur tournée, Guillaume n’hésite pas à crier en rigolant « vive la musique québécoise », racontant quelques anecdotes à la dérision de leurs rencontres parfois un peu arrogantes.

Ce soir-là, tels les emblèmes du Rock Québécois, le groupe enchaîne les morceaux sans délaisser personne. Détruire le mythe de la démocratie, compter les corps et bien sûr on n’oubliera pas Triple meurtre et suicide raté, lancer à capella en cœur à faire vibrer les briques de Montréal. On ne peut pas dire qu’on reste sur notre faim, tout le monde aura eu sa part. la gaîté au Théâtre Beanfield amène un peu de chaleur en cette fin d’hiver bien méritée.