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Les années folles avec Gershwin & Gatsby

Une soirée pleine de folie

The Lost Fingers avec l'OSM
Crédit photo : Antoine Saito

Par Lucia Cassagnet

Cette fin de semaine, la Maison Symphonique de Montréal a pris des airs d’il y a cent ans, alors que les années folles étaient en plein essor. Pour l’occasion, l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), en collaboration avec Spinelli, présentait le spectacle Les années folles avec Gershwin & Gatsby.

Entre les mains savantes du chef d’orchestre Rafael Payare, Marc-André Hamelin au piano, Ranee Lee à la voix et The Lost Fingers, c’était une soirée destinée au succès où George Gershwin était mis de l’avant.

La salle à la Place des arts – remplie en passant – accueille le pianiste extraordinaire et compositeur montréalais Marc-André Hamelin.

Avant qu’on puisse comprendre ce qui se passe, les doigts du musicien découlent sur un vieux piano à droite de l’orchestre. Tout seul, sous un jet de lumière, il commence à jouer Kitten on the Keys. Cette première prestation ouvre la porte à cette merveilleure soirée remplie de jazz, de glamour et de talent.

Il reviendra sur la scène pour interpréter deux autres oeuvres, accompagné par l’OSM, dont l’une était Rhapsody in Blue de George Gershwin. Cette dernière, qui date de 1924, a établi la réputation du compositeur américain et elle est devenue une des oeuvres orchestrales américaines les plus populaires encore à ce jour.

Sous un faux ciel étoilé, qui s’allumait et suivait les moments forts de l’oeuvre la Maison Symphonique est devenue une maison du jazz.

La renaissance du jazz

Marc-André Hamelin avec l'OSM
Crédit photo : Antoine Saito

C’est peut-être la nature de la musique qui est propice aux improvisations, mais il semblait que même le chef Rafael Payare arborait une rigidité moins prononcée lors du concert. À son poste comme à l’habitude, il dansait un peu plus – presque de manière imperceptible – tout en guidant les musiciens qui étaient un peu tassés sur la scène avec le piano.

Marc-André Hamelin et les musiciens de l’orchestre ont délivré une performance époustoufflante.

En suivant les indications devant leurs yeux, sous une sonorité typiquement du style, on pense parfois qu’on sait pas où se dirigent les notes alors qu’il suffit d’attendre pour comprendre la direction de l’oeuvre.

Cette pièce, qui a été composée en quelques semaines seulement, est digne de la reconnaissance qu’elle reçoit.

La soirée a aussi permis aux voix de l’époque de reprendre vie. La chanteuse de jazz montréalaise Ranee Lee et le groupe The Lost Fingers ont partagé la scène avec l’OSM. Lee, pour sa part, avec l’orchestre au complet, et The Lost Fingers avec un violon et une trompette de l’OSM pour accompagner le tout.

Le groupe a offert un arrangement à la Django Reinhardt entre trois oeuvres : Lets Misbehave de Cole Porter, Nagasaki de Harry Warren et Mort Dixon et I’ve Got Rhythm de Gershwin.

La grande finale était une surprise pour le chef Payare, dont l’anniversaire était le jour d’après (dimanche le 23). Orchestré en cachette par Mélanie Lacouture, cheffe de la direction, l’orchestre a rappelé le chef pour une série d’applaudissements où l’orchestre a joué Mon cher Rafael c’est à ton tour avec le public !

Crédit photo de couverture : Antoine Saito

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