Une rafraîchissante comédie estivale!

Par Sylviane Gagnon
Le 9 juillet avait lieu la première de la célèbre pièce Le DUPLEX au Théâtre Hector-Charland à L’Assomption. Les représentations se poursuivent jusqu’au 2 août prochain, avant que la production ne parte en tournée partout au Québec. Cette comédie est signée Didier Caron, comédien, scénariste et auteur de théâtre français. Elle a connu un énorme succès l’an dernier à Paris.

Un concept simple et convaincant
Deux couples de voisins habitent un duplex. Suzanne et Michel Bergeron (Valérie Blais et François Massicotte), lui vendeur d’essuie-tout et elle de thermopompes, habitent à l’étage d’un duplex du Plateau-Mont-Royal, juste au-dessus de leurs charmants voisins, les Tessier, Annie et Jean (Pascale Durocher et Sylvain Marcel) tous deux professeurs d’histoire à l’UQAM. Deux mondes les séparent dans leur façon de vivre et leur culture, ce qui les rend fort sympathiques malgré leurs défauts pendables qui alimentent les dialogues. Même si les couples jouent la carte de l’amitié, les Bergeron rêvent de se débarrasser de leurs voisins afin de récupérer le condo du bas et transformer le tout en cottage. Tous les coups sont permis, et les Bergeron n’hésiteront pas à user de mensonges et de subterfuges pour semer la pagaille chez les Tessier. Ces derniers forment pourtant un couple solide et amoureux, difficile à déstabiliser.

Des actrices et acteurs fabuleux!
La mise en scène de Charles Dauphinais, aussi comédien et directeur artistique, est simple, mais habile et efficace. La pièce repose sur une distribution fabuleuse avec François Massicotte, Valérie Blais, Sylvain Marcel et Pascale Durocher, qui remplace la regrettée Sophie Faucher. Tous sont brillants et désopilants dans leur interprétation. Le DUPLEX, par son rythme essoufflant, n’a d’autre ambition que de nous faire rire, portée par des comédiens huilés au quart de tour chez qui l’on sent un malin plaisir à jouer le pire. Bien que l’on connaisse dès le départ l’objectif des Bergeron, on ne peut s’empêcher de rigoler devant la répartie des dialogues et la créativité sans limite de leurs magouilles. Certaines scènes, plus burlesques et parfois très physiques, nous font crouler de rire.
Plusieurs costumes, en particulier les pyjamas, l’équipement de cycliste et la tenue de tireuse de cartes, ont un côté clownesque et s’avèrent très divertissants. Le décor met en valeur deux ambiances totalement opposées, illustrant bien la personnalité des deux couples. Les Tessier aiment le style rococo, plus prétentieux, tandis que les Bergeron adorent le style moderne, peu coûteux et plutôt inconfortable. Nous sommes loin des vaudevilles des années 70-80 : le metteur en scène a visiblement usé de prudence en assurant un juste équilibre entre l’exagération et la crédibilité des personnages, et ça fonctionne à merveille!

Une adaptation québécoise exceptionnelle
Cette pièce a connu un triomphe à Paris, mais il faut souligner l’excellence de l’adaptation québécoise réalisée par Pier-Luc Lasalle, également comédien. Celle-ci est remarquablement réussie et lui confère un succès assuré. Les références québécoises, et même quelques-unes liées à l’actualité, y sont nombreuses et rassembleuses. On se reconnaît à maintes reprises et on savoure les multiples clins d’œil, notamment celui d’une ancienne publicité fort connue, qui fait réagir promptement le public, au grand bonheur des comédiens. Même les multiples citations latines et pompeuses nous font pouffer de rire.

Un finale inattendue!
La pièce Le DUPLEX est représentée par l’agence DRAMA (Paris, France) et produite au Québec par le Groupe Entourage. Jusqu’où les Bergeron seront-ils prêts à aller dans leur plan diabolique pour mettre la main sur le logement du bas et chasser les Tessier? C’est ce que nous dévoile la surprenante finale, que je ne vous révélerai sûrement pas! Pour le savoir, il faut venir voir la pièce avant que tous les billets ne s’envolent, car déjà plus de 20 000 billets ont trouvé preneurs avant même la première!


