La pièce qui tourne mal : pour le meilleur et pour le pire

Dimanche 21 juin, j’ai eu le plaisir d’assister à la première montréalaise de La pièce qui tourne mal au Théâtre du Nouveau Monde. Produite par Monarque, cette adaptation québécoise du phénomène théâtral international confirme une fois de plus le savoir-faire exceptionnel de cette maison de production qui nous a habitués à des spectacles d’une qualité remarquable.
Une mise en scène impressionnante

Dès les premières minutes, le ton est donné. Le public est plongé dans l’univers d’une troupe amateur qui tente tant bien que mal de présenter une enquête policière. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu. Le décor s’effondre, les accessoires sont défectueux, les comédiens oublient leur texte, les techniciens ne sont pas à leur affaire ou, à l’inverse, sont trop impliqués! Bref, les maladresses se multiplient. Pourtant, derrière ce chaos apparent se cache une mécanique d’une précision impressionnante.
L’an dernier, sur ses réseaux sociaux, Monarque expliquait que des membres de l’équipe derrière plusieurs productions internationales de la pièce étaient venus rencontrer l’équipe québécoise afin de leur transmettre de précieux conseils. Et cela paraît. Il faut le dire : il y a une ingéniosité remarquable derrière ce spectacle, et tout est calculé au quart de tour!
Pendant 2 h 15, le public est témoin de nombreuses cascades. Visiblement, la part de risque est bien présente dans ce spectacle. Plusieurs scènes repoussent les limites du théâtre traditionnel et apportent une dimension spectaculaire qui distingue La pièce qui tourne mal de bien d’autres comédies.
Au-delà des situations absurdes et des nombreux jeux de mots, c’est l’ensemble de la mise en scène qui impressionne. Chaque détail est pensé pour servir le comique et alimenter l’escalade des catastrophes. Le résultat est une œuvre généreuse, inventive et irrésistiblement drôle.
Un feu roulant de blagues

Ce qui frappe particulièrement dans cette production, c’est la maîtrise de l’humour physique des comédiens. Les prouesses des interprètes contribuent grandement à l’expérience et suscitent des éclats de rire constants dans la salle. LeLouis Courchesne et Olivia Palacci se démarquent particulièrement par leur aisance physique et leurs mimiques tout au long de la représentation. Leur côté clownesque, qui ne s’essouffle jamais, nous fait rire à un point tel qu’on s’en plie en deux.
Fabien Cloutier, quant à lui, impressionne par la profondeur qu’il apporte à son personnage. Son sérieux à travers le chaos ambiant rend la pièce encore plus absurde et hilarante.
Enfin, il faut souligner le travail remarquable de l’ensemble de la distribution. Les comédiens, tous de grand calibre, relèvent un défi de taille : jouer volontairement de mauvais comédiens tout en démontrant une technique irréprochable. Cet exercice d’équilibre est exécuté avec brio. Chacun maîtrise parfaitement son personnage et participe à la folie générale avec une justesse remarquable.

Les gags visuels s’enchaînent à un rythme effréné et provoquent des éclats de rire constants. Chaque chute, chaque collision et chaque catastrophe sont minutieusement chorégraphiées afin de maximiser l’effet comique. On rit du début à la fin, sans véritable temps mort.
Le travail d’André Robitaille à la mise en scène est spectaculaire. Une fois de plus, il démontre qu’aucune limite ne semble impossible à repousser. Production après production, il réussit à nous surprendre et à nous impressionner.
Avec La pièce qui tourne mal, Monarque signe une autre réussite éclatante. Cette première version officielle en français, conçue ici même au Québec, est un véritable tour de force qui saura séduire autant les amateurs de théâtre que ceux qui souhaitent simplement passer une soirée à rire aux éclats.
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