Schubert et Mendelssohn : une admiration qui traverse le temps!

Par : Lynda Ouellet et Jean Lapierre
En ce premier jour d’octobre, à la Maison symphonique, un auditoire attentif se rassemble pour assister au concert Schubert : Signé Herreweghe. Le chef Philippe Herreweghe à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal nous convie à une rencontre musicale entre deux grands compositeurs, Félix Mendelssohn Bartholdy et Franz Schubert .
En première partie, nous entendons le Concerto pour violon en mi mineur, op. 64 de Mendelssohn, une œuvre en trois mouvements interprétée par le violoniste Christian Tetzlaff. En deuxième partie, place à la magistrale Symphonie no. 9, D. 944 « La Grande » de Schubert également en quatre mouvements.
Ces deux compositeurs sont liés par une admiration qui a traversé le temps. Schubert, qui n’a pas été reconnu de son vivant (décédé à 31 ans) est devenu légendaire. Mendelssohn, son fervent admirateur, a su minutieusement redonner ses droits à la Symphonie no. 9 et ainsi l’a rendu célèbre.
On annonçait que le chef Herreweghe apporterait à ces soirées une touche lumineuse et sensible. C’est ce dont nous en avons été les témoins. Nous avons vu à quoi ressemble un maestro d’expérience. Tout en souplesse, il dirige l’OSM avec toute la réserve et la noblesse que seul un grand maître peut déployer.
La fusion d’un violon avec son artiste!

En première partie, le violoniste, Christian Tetzlaff, berce avec élégance et vigueur le Concerto pour violon de Mendelssohn. Nous sommes ébahis de la virtuosité de cet artiste. Son violon fait corps avec lui. Tetzlaff ajoute sa sonorité personnelle, une touche d’inspiration lyrique. Il joue comme si plus rien n’existait. Toutefois, la complémentarité entre l’OSM et le violoniste n’a pas toujours été idéale; trop de fusion avec son violon au dépend de l’unisson avec l’orchestre. En rappel nous avons droit à la Gavotte de J.S. Bach. Nous avons apprécié l’interprétation de l’artiste, la beauté du son de son violon (Peter Geiner luthier) et la merveilleuse acoustique de la Maison symphonique.

Quand Mendelssohn révèle le génie de Schubert!
Quant à la deuxième partie du concert, puissante, forte et éclatante, la Symphonie no. 9 de Schubert nous ravit. Quand on sait que cette composition a failli ne jamais voir le jour. C’est Mendelssohn qui l’a exécutée pour la première fois devant public avec l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig en mars 1839. De multiples complications avaient empêché Schubert d’être reconnu avec cette pièce avant qu’il ne meure. Ce soir, c’est imprégné de cette histoire que nous savourons pleinement cette Symphonie no. 9, D. 944 « Le Grand ».

Nous constatons qu’il y a beaucoup plus de jeunes visages dans la salle, ce qui nous réjouit. C’est un concert accessible qui a ravi l’auditoire et qui a démontré à quel point la musique classique peut être interpellante. Sur une même trame de constante tonalité, on comprend que Schubert et Mendelssohn aient eu cette admiration réciproque. Par conséquent, Philippe Herreweghe et l’OSM en symbiose ont reproduit exactement cette union amicale.
Pour découvrir les prochains concerts, consultez le lien de programmation et pensez à réserver vos billets à l’avance : les représentations précédant la période des fêtes sont particulièrement recherchées.




