Un spectacle galvanisant!

Par Sylviane Gagnon
Le 9 octobre, on soulignait les 50 ans de carrière de l’illustre chanteur français Renaud à la salle Wilfried-Pelletier de la Place des arts.
Dès le départ, l’enthousiasme du public était à son comble par des ovations à la première, deuxième et plusieurs autres chansons, dans une euphorie totale. Si certaines chansons auraient bénéficié d’une pratique supplémentaire et que la gestion sonore n’était pas toujours parfaite, l’émotion et l’énergie des artistes compensaient largement ces imperfections. Ensemble, nous avions l’impression de faire un et de participer à un grand moment musical. Renaud, éclairé au balcon, s’est fait discret, mais l’auditoire a su lui manifester son amour inconditionnel.
Une ambiance à l’image de Renaud

Le décor évoquait un bistro fort sympathique, à l’image de Renaud. Chacun des artistes y prenait place après sa prestation et chantonnait ensuite pour accompagner l’artiste suivant. La mise en scène de Yann Perreau collait parfaitement au personnage et offrait une ambiance chaleureuse où chacun avait sa place. L’insertion de quelques vidéos de Renaud amenait le public à réagir joyeusement.
Quant à Antoine Gratton, directeur musical, on ne peut qu’applaudir sa prestance auprès de l’Orchestre national de jazz composé de 35 musiciens. On avait parfois l’impression qu’il était partout à la fois tant il se démenait, d’autant que l’orchestre était très étalé sur la scène. Les musiciens ont fait preuve d’une grande flexibilité avec des arrangements parfois jazzé ou plus rock, jusqu’aux ballades plus douces.
Des interprétations chavirantes
Pour plusieurs chansons, l’interprétation des artistes était très touchante. Keith Kouna nous a livré un Laisse Béton attachant, joyeux, en plus d’une adaptation bien québécoise dans certains couplets. Quant à Émile Bourgeault, sa prestation magnifique de Société tu m’auras pas, nous secouait, tant elle est criante d’actualité, surtout par les jours sombres des lycéens français.
Luc De Larochelière nous a chaviré avec Morts les enfants et Mara Tremblay, avec Manu. Celle-ci est devenue sa chanson préférée à 12 ans, lorsque les premiers relents de bipolarité ont fait surface, Mara s’identifiait à Manu, son 3e nom étant justement Manuelle, tout comme Renaud.
Avec En cloques, Antoine Gratton a fait chanter tout le parterre et Yann Perreau nous a charmé avec sa Chanson pour Pierrot. Daniel Boucher fut cependant moins convainquant avec Morgane de toi, son approche trop sexuée étant moins appropriée.
Des chanteuses d’expérience pétillantes!

Édith Butler nous a livré la Mère à titi très affectueuse, mais c’est la Germaine de France Castel qui nous a soufflé! Ces deux femmes n’ont rien a envier aux plus jeunes tant elle débordent d’énergie. Se greffait également au spectacle Edouard Tremblay-Grenier, Gaële, Betti Bonifasi et une Marie-Jo Thério à la Marlène Dietrich. Isabelle Boulay nous a fait vibrer avec son Boucan d’enfer et Manhattan Kaboul a réuni un très joli duo avec Mara Tremblay et son fils, Edouard.
Un retour d’entracte endiablé!
Au retour de la pause, le bruit de la mer a soulevé la foule pour entamer en chœur avec Édith, Marie-Jo et Yann, Dès que le vent soufflera.
Le plaisir était palpable avec La Ballade Nord-Irlandaise par la douce France Castel et le chœur des autres artistes. Le point culminant fut sans aucun doute l’arrivée de cinq petit chanteurs du Mont-Royal, des voix d’ange et un moment de grâce avec Le Mistral Gagnant où Renaud fit son apparition sur scène pour les accompagner. L’assistance était en liesse et lui a offert une ovation monstre! C’est Renaud lui même qui a présenté notre star, Diane Dufresne, avec qui il a interprété La tendresse, un classique de Bourvil, un moment d’une grande intensité.
Même imparfait, ce show était parfait. Rappelons que le même spectacle a eu lieu au Grand théâtre de Québec, le 11 octobre. Un événement unique!


