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Deep Purple, une formation légendaire qui traverser les décennies avec élégance

Un Back to the futur réussi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par: Pierre Langlois 

En 2026, voir Deep Purple évoluer dans le paysage musical actuel revient à faire l’expérience d’un mirage temporel : l’apparition improbable d’un groupe qui a pratiquement défini les codes du rock il y a plus d’un demi-siècle, 58 ans pour être précis. La question à cent dollars : allons-nous assister à un simple élan de nostalgie, ou leur musique continue-t-elle réellement de vibrer au présent ?

En guise de mise en bouche, une vidéo un peu kitsch, je l’avoue, mêlait des évocations générées par l’IA de toutes les pochettes d’albums de leur histoire. Cette projection accompagnait l’intense Mars, the Bringer of War de Gustav Holst. Ce fut tout de même un beau moment de communion, qui a fait grimper la fébrilité des fans.

Un suspense qui n’a pas durer longtemps

Lorsque les premiers accords de Highway Star ont explosé dans les haut-parleurs, le moindre soupçon de scepticisme s’est instantanément volatilisé. La batterie d’Ian Paice a retenti, immédiatement accompagnée d’un riff maintes fois entendu, mais toujours aussi efficace. Ensemble, les deux instruments formaient un concentré de puissance et d’adrénaline. On a aussitôt compris qu’il ne s’agissait pas d’un groupe se reposant sur ses lauriers, mais d’une force toujours en mouvement.

La performance de Gillan, aujourd’hui octogénaire, sur cette pièce allait jeter les bases de ce qui allait suivre. On a vite constaté qu’il ne possédait plus la puissance vocale de ses grandes années, mais qu’il avait intelligemment adapté sa technique. Pour cette première pièce, Highway Star, il n’a pas cherché à reproduire les envolées stratosphériques des années 1970. Il a plutôt adopté une approche narrative, presque parlée-chantée, dès les premières lignes.

Autre détail qui frappe rapidement : l’alchimie sonore de la formation actuelle. Alors que le départ de membres fondateurs au fil des décennies finit généralement par diluer l’identité profonde d’un groupe, Deep Purple semble avoir retrouvé ici une vigueur inattendue.

C’est cette alchimie qui a véritablement mis le feu à la scène. Tout en respectant l’esprit des classiques du groupe, le guitariste Simon McBride s’est imposé avec un jeu à la fois puissant, virtuose et profondément blues. Son interaction avec le claviériste Don Airey lors des longues improvisations a donné lieu à quelques-uns des grands moments de la soirée.

Soutenus par la basse solide de Roger Glover et la batterie toujours aussi énergique d’Ian Paice, les musiciens ont livré une performance dans laquelle l’improvisation tenait une place prépondérante. C’est d’ailleurs dans ces moments de liberté musicale que Deep Purple a démontré toute sa singularité, notamment avec une interprétation particulièrement émouvante de When a Blind Man Cries, qui a apporté une belle touche de blues à cette soirée résolument rock.

Côté liste de chansons, le groupe a opté pour un choix audacieux, où les grands classiques côtoyaient des pièces moins attendues. Près d’un tiers du concert était consacré au dernier album, SPLAT!, ce qui détonnait par rapport aux habituelles tournées « best of » auxquelles tant de groupes de cette génération se résignent.

Plus que de la nostalgie

Je m’en voudrais de ne pas revenir sur la performance globale de Gillan, qui, tout au long de la soirée, a parcouru les mélodies avec une dignité empreinte de vécu. S’appuyant sur son registre grave et adoptant un grain de voix rocailleux qui lui conférait une gravité émotionnelle teintée de blues, il s’est révélé saisissant par moments.

Le groupe a aussi su tirer parti de ses atouts : le chanteur s’effaçait durant les passages instrumentaux pour laisser la vedette à ses musiciens. Lorsqu’il revenait sur le devant de la scène, il arborait un sourire plein de fierté devant la performance de ces derniers.

Ce soir, nous avons assisté à un excellent spectacle. Deep Purple n’a plus rien à prouver. Le groupe nous a démontré qu’une formation légendaire peut traverser les décennies avec élégance, conserver une grande qualité musicale et continuer à offrir un véritable concert de rock, loin d’une simple tournée nostalgique.

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Crédit photo : : Pierre Langlois / MatTv