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FIJM 2026 – Max Richter à la Place des Arts

Une hypnose en deux temps

Place des Arts
Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv

Par : Sara A.

Le Festival International de Jazz de Montréal débutait en grand jeudi soir à la Place des Arts alors que la Salle Wilfrid-Pelletier accueillait Max Richter et sa tournée mondiale The Blue Notebooks and In a Landscape. En effet, ce n’était pas un spectacle pour ceux qui auraient voulu entendre la musique iconique de l’émission The Leftovers ou bien celle des films Arrival ou Hamnet, car c’était le travail personnel de Richter qui était à l’honneur dans ce concert hypnotisant.

Max Ritcher
Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv

Richter et ses collaborateurs de The American Contemporary Music Ensemble sont entrés sur scène aux alentours de 19 h 40 sous les applaudissements de la foule. Le compositeur a pris place derrière son grand piano à la gauche de la scène tandis que le quintette à cordes était placé en demi-cercle, à la droite.

Après une seule note de piano, Richter s’est relevé pour s’adresser au public. Suite aux rires timides émanant de la foule, le compositeur germano-britannique a pris un moment pour expliquer le déroulement du spectacle : deux albums seront joués, tous deux explorant des thèmes de dualité à travers des sons classiques et d’autres aux accents plus électroniques.

Salle Wilfrid-Pelletier
Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv

La première moitié du spectacle était réservée à l’interprétation de l’album In a Landscape. Cette œuvre de 2024 s’intéresse au contraste entre la nature et les humains. C’est dans cet esprit que cette partie du spectacle alternait entre des pièces classiques telles que They Will Shade Us With Their Wings et And Some Will Fall, et d’autres composées de sons de la nature comme celles de la série Life Study. Malgré le contraste, le résultat était harmonieux, à un point tel que, par moments, on pouvait en oublier tout le reste, complètement fasciné.

Outre des chaises et instruments, la scène était pratiquement vide. Seuls des faisceaux lumineux, qui variaient en couleur et en intensité pour s’agencer à la musique, et une fumée de glace sèche venaient envelopper les musiciens. Malgré la simplicité de cette mise en scène, elle complémentait habilement les sonorités éclectiques du spectacle.

Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv

Après l’entracte, Max Richter et l’ACME ont enchaîné avec la partie du spectacle consacrée à l’album The Blue Notebooks. L’artiste a expliqué que son œuvre phare de 2004, réalisée en protestation contre la guerre en Irak, explorait beaucoup le thème du doute, ce qui l’a amené à la ponctuer d’extraits des écrits de Franz Kafka (« le grand prêtre du doute », selon Richter) et de Czesław Miłosz. L’artiste Sarah Sutcliffe a donc rejoint le groupe sur scène pour y lire ces textes, une tâche originalement assurée par l’actrice Tilda Swinton sur l’enregistrement.

La portion The Blue Notebooks a rapidement charmé le public avec l’interprétation de On The Nature of Daylight (sans doute la pièce la plus connue du compositeur). On a beau souvent l’avoir entendue, rien n’égale le fait de l’entendre jouée sur scène. Dans son ensemble, la performance de l’album était captivante et a culminé avec une interprétation magistrale de The Trees.

Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv

Au final, un concert de Max Richter n’épate pas par ses décors extravagants ou ses effets spéciaux, c’est sa beauté et l’émotion qu’il évoque en nous dont on se souviendra. Un magnifique coup d’envoi à cette 46e édition du Festival International de Jazz de Montréal.

 

Crédit photo : Yagub Allahverdiyev/Mattv