Garder le meilleur pour la fin

Par : Myriam Bercier
Si les deux dernières semaines ont été plutôt inégales en termes de performances proposées, ce n’est pas le constat qui s’impose pour cette dernière soirée des auditions à l’aveugle de La Voix. Il nous vient plutôt en tête le proverbial « garder le meilleur pour la fin. » La presque totalité des candidats de la soirée aurait pu se retrouver dans ma chronique. J’ai évidemment dû faire un tri, et voici mes cinq moments préférés.
5. Sandrine Marin
Celle qui ne vient pas d’une famille d’artistes, mais plutôt de scientifiques (une mère dentiste, un père ingénieur et une sœur à mi-chemin dans ses études de médecine) m’a franchement épatée lors de son passage à La Voix. Après un baccalauréat en physique, Sandrine décide d’aller étudier en médecine. Selon sa mère d’ailleurs, elle n’était pas heureuse en physique, mais en musique oui. J’espère qu’elle continuera et qu’on pourra la revoir un de ces quatre, car sa reprise de BAD BOY d’Yseult m’a soufflée. Son grain de voix est intéressant, et lorsque sa voix monte dans les hautes, elle déballe toute sa puissance. Malheureusement, aucun coach ne se retournera. Ils semblent d’ailleurs tous bien déçus d’eux-mêmes.

4. Gabrielle Nessel
Celle qui préfère chanter que parler a décidé de sortir de sa zone de confort en s’inscrivant à La Voix. Je suis personnellement toujours extrêmement critique envers les interprétations de When The Party’s Over de Billie Eilish, comme cette chanson m’a accompagnée dans des moments plutôt difficiles de ma jeune vingtaine. J’ai souvent eu l’impression avec d’autres reprises qu’on y perd l’émotion crue qu’y pose Billie. Ce ne fut pas le cas de Gabrielle. On constate qu’elle a tout ressenti, tout vécu et qu’elle nous sert la pièce sur un plateau très bien décoré. Elle a également évité le piège de reprendre le même chemin vocale que Billie. Elle en a plutôt fait sa propre version. On la sent très émotive lorsque le fauteuil de France D’Amour se retourne en toute fin de chanson. Elle complète son équipe avec cette participante, et en dit : « Gabrielle pour mon équipe c’est la cerise sur le sundae, c’est le parmesan sur le spaghetti, c’est le sel et le poivre sur ma poutine, c’est tout ce que j’aime dans la vie. »

3. Isabelle Goulet
Isabelle a décidé d’offrir The Mummers’ Dance de Loreena McKennit, la chanson préférée de sa mère. C’est grâce à ce morceau que sa mère découvre le médiéval. Les parents d’Isabelle possèdent une boutique médiévale, et sa mère est designer (elles ont d’ailleurs fabriqué son habit de scène ensemble, fait à noter plutôt mignon). La chanteuse de 23 ans a un très beau timbre et une belle maitrise vocale. C’est très différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre à La Voix. Il s’agit d’un style que l’on aime ou que l’on déteste, mais ça ne laisse pas de glace, ça, c’est certain. La Mascouchoise semble émue et nerveuse, mais réussit malgré tout à atteindre chacune des notes, aussi difficiles et aiguës soient-elles. Roxane Bruneau dira d’ailleurs après sa performance qu’on aurait dit qu’elle avait mangé de l’autotune pour déjeuner, ce qui n’est pas tout à fait faux. Mario Pelchat utilisera son bouton chut pour empêcher Roxane Bruneau de la courtiser, et ce sera payant : Isabelle viendra compléter son équipe.

2. Nicolas Dorion
L’auteur-compositeur-interprète de 30 ans a déjà trois albums autoproduits à son actif sous le nom d’artiste NIICKD. Son timbre de voix est percutant : c’est égratigné, on dirait qu’il s’arrache le cœur et l’offre au public. C’est une véritable bête de scène, ou « un animal qui sort de sa cage » pour reprendre les mots de Roxane Bruneau. Mario Pelchat soulèvera qu’il y a des « petites affaires de justesse », mais quand c’est aussi senti que l’est sa reprise de Make It Rain de Foy Vance popularisé par la suite par Ed Sheeran, on peut pardonner. Au moment de lui demander son nom, Roxane Bruneau le présentera plutôt comme « le grand gagnant de La Voix ». Il rejoindra son équipe, comme elle est la seule coach qui s’est retournée pour lui. Est-ce que cette déclaration s’avérera vraie? Nous le saurons dans quelques semaines!

1. Émile Dubois
« Le meilleur capitaine » de hockey selon ses amis et coéquipiers adore la vieille musique – les mots de Charles Lafortune, pas les miens! C’est d’ailleurs son grand-père qui lui en fait découvrir. Le moment avec ses amis, où ils l’ont appuyé et validé dans son style musical, était plutôt touchant. Le mot personnalisé d’Ivan Demidov, joueur des Canadiens de Montréal, lui a certainement porté chance, même s’il n’en avait pas besoin, au niveau de talent qu’il a. Sa voix est mature et profonde. Son interprétation d’Amsterdam de Jacques Brel est sentie, même s’il reste très près de l’originale, on sent que c’est sa version, comme le soulèvera Corneille. L’objectif de La Voix, c’est de connecter avec le talent avant le physique. J’avoue que quand j’ai vu Émile Dubois s’avancer dans le Studio MELS, je ne m’attendais à rien de tout ça. C’était une superbe performance, et j’ai franchement hâte de voir la suite pour le jeune Blainvillois de 20 ans qui a complété l’équipe de Roxane Bruneau.
(Re)découvrons la composition des équipes, maintenant que l’étape des auditions à l’aveugle est terminée. Nous rappelons que la semaine prochaine débutera l’étape des duels, qui s’échelonnera sur trois semaines.
À la semaine prochaine!






