Un retour attendu… époustouflant !

Par: Lynda Ouellet et Jean Lapierre
À la Maison symphonique, ce mercredi 23 septembre, Rafael Payare, à la tête de l’OSM, accueille un invité prestigieux : le grand pianiste Lang Lang. Un retour que l’on espérait depuis longtemps.
Ce concert se compose de trois volets : Emilie Mayer, avec son Ouverture nᵒ 2, en guise de mise en bouche; ensuite, Ludwig van Beethoven, avec le Concerto pour piano nᵒ 5, op. 73, en trois mouvements. Le raffinement du mets principal est définitivement servi par Lang Lang. Enfin, on termine avec un dessert pas piqué des vers : Jean Sibelius, avec sa Symphonie nᵒ 2, op. 43, en quatre mouvements.

Avec sa gestuelle unique, Rafael Payare et l’OSM s’emparent de l’Ouverture nᵒ 2 avec un enthousiasme palpable. Cette composition est à la fois légère et ponctuée de passages plus sombres, très bien rendus par l’orchestre.
Énergie fois mille : c’est explosif !
Dès son entrée sur scène, accompagné de Rafael Payare, Lang Lang est accueilli par une véritable vague d’admiration de la part du public. On le ressent immédiatement. Ce pianiste de renommée internationale nous entraîne dans son univers avec son interprétation singulière et une virtuosité que nous découvrons au fur et à mesure que le concert avance.

Pour le Concerto pour piano nᵒ 5, Beethoven, malgré sa surdité avancée, avait imaginé force, douceur, lumière et majesté. Lang Lang livre une prestation digne de cette évocation. Rafael Payare et l’OSM se fondent avec Lang Lang pour offrir une performance exceptionnelle. Sous ses doigts, les mouvements prennent vie, révélant leur richesse et leur pouvoir évocateur.
Et puis, il y a cette gestuelle si particulière, expressive et démonstrative, qui accompagne chaque note et semble raconter, elle aussi, une histoire. Lang Lang habite la musique et nous invite à la vivre avec lui.
Crédit photo: Antoine Saito
Rarement, un auditoire a démontré son enthousiasme à ce point. Après le quatrième rappel, Lang Lang nous offre Consolations n° 2 en mi majeur de Franz Liszt. Après le sixième, c’est l’apothéose ! Le virtuose nous offre alors bien plus que ce à quoi nous nous attendions avec La Danse rituelle du feu de Manuel de Falla.
Lang Lang, dans toute sa virtuosité, s’attaque à une pièce qui ne pardonne rien sur le plan du rythme. Même dans les moments où ses doigts volent sur le clavier à une vitesse inimaginable, nous entendons tout. C’est clair, précis et fabuleux.
Une pièce où la difficulté se fait subtile et tendre, et une autre où la prouesse est physiquement exposée. Une merveille dans les deux cas.

Pour savourer pleinement ce concert, il faut d’abord connaître le parcours exceptionnel de Lang Lang. D’origine chinoise, le pianiste commence à se produire dès l’âge de cinq ans et remporte alors le premier prix du concours de Shenyang.
Et ce n’est que le début ! À sept, neuf, onze et treize ans, les prix et les distinctions continuent d’affluer. À seulement dix-huit ans, on le surnomme déjà la « rock star de la musique classique ». Depuis, sa carrière ne connaît aucun répit. Les scènes les plus prestigieuses du monde l’accueillent et son agenda affiche complet jusqu’à la fin de 2027.
Un parcours impressionnant qui permet de mieux comprendre l’aura qui entoure ce pianiste hors du commun…et les huit ovations qu’il a reçues au total.
On se calme… à peine!

Après l’entracte, place à Jean Sibelius avec la Symphonie nᵒ 2, op. 43. Payare privilégie les cordes, qui semblaient être la base sur laquelle les autres pupitres viennent se greffer. Il est intéressant de voir les bois et les cuivres s’intégrer à l’ensemble pour nous conduire de la douceur à la puissance, deux dimensions que l’OSM nous offre avec constance.
Cette soirée revêt les atours d’un empereur (tiré du programme de l’OSM). Nous avons Mayer, qui fait entendre une voix; Beethoven dont l’œuvre est impériale; et nous terminons avec la liberté de Sibelius.
Quel concert!


