Delorme et jazz : diversité similaire !

Par : Luc Lecavalier
L’Orchestre national de jazz de Montréal et Jean Derome s’alliaient le temps d’un soir pour un concert intime, empreint de nostalgie à la Cinquième salle de la Place des Arts. La troupe y interprète deux morceaux écrits de la main de Derome, soit 5 pensées et La Force et la beauté. L’un plus complexe et l’autre plus accessible, rarement joués devant public, ceux-ci font hommage à l’ampleur de l’exploration musicale de l’artiste originaire de Québec.
Compositeur éclectique, s’inspirant du jazz, du rock, de musique grecque et ayant composé nombre de musiques pour des projets cinématographiques et théâtraux, Derome est certainement l’un des meilleurs auteurs de jazz au Québec des dernières décennies. Ces deux morceaux en font toute la démonstration et ce dernier est aussi présent sur scène, muni de trois instruments à air différents, pour accompagner les musiciens jusqu’au bout.

Chaos puis harmonie
Le premier morceau, 5 pensées, chamboule les codes du jazz; Derome lui-même qui hésite à qualifier ces « cinq pensées » de « jazz ». Chacune de ces pensées semble être une chanson à elle seule tellement elle sont distinctes. La première est essentiellement un son continu et mystérieux; la deuxième toutefois, grâce à plusieurs solos de saxophone et une batterie qui en fait juste assez, nous amène bel et bien à la terre promise.
L’expérimentation sonore fait place à un son plus accessible pour la deuxième partie, alors que les percussions et le violon sont remplacés par le piano et la clarinette. Beaucoup plus dans le groove, plus joyeux et moins complexe, cette ambiance est le bienvenue après une première musique intense et mélancolique.

Rythmé, différent et entraînant
La présence remarquée du violoncelle, la diversité sonore du spectacle ainsi que les nombreux solos de saxophone qui s’alternent et parfois, se superposent, sont assurément les éléments qui ressortent le plus. Jean Derome, quant à lui, par son implication musicale et par la parole, démontre avec émotion son attachement à ses œuvres : « En tant que compositeur, nos œuvres, ses sont comme nos enfants : on y est attaché, on veut en prendre soin, ne pas les oublier et les faire vivre ! »
On assiste au final à un concert soutenu, aux parties plus chaotiques et psychédéliques. Beaucoup de dynamisme, surtout dans la deuxième œuvre, qui donne le goût de se lever de son siège. Si ce n’est que des moments ou plusieurs prennent la parole pour introduire les parties, qui brise légèrement le rythme, tous les fans de jazz présent en obtiennent pour leur argent.
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Crédit photos : kader Bouderbal / Mattv

































