Philippe Laprise : 50 ans, 25 ans de carrière et un cinquième one-man-show

Mardi soir, la Salle Pierre-Mercure était le théâtre de la première médiatique du cinquième one-man-show de Philippe Laprise. À 50 ans et après 25 ans de carrière, l’humoriste avait de quoi célébrer. Et pour cause : il y a des humoristes qui ont la bouille sympathique, un charisme naturel et ce petit quelque chose qui les rend drôles même lorsqu’ils ne sont pas sur scène. Philippe Laprise coche toutes ces cases. Alors, je n’avais aucune crainte : j’étais convaincue que j’allais rire. Et je n’ai pas été déçue!
Mais derrière son énergie contagieuse et son humour rassembleur, l’humoriste propose cette fois un spectacle où il se livre davantage, sans filtre. À 50 ans, après 25 ans de carrière, Philippe Laprise semble avoir atteint un point où il n’a plus rien à prouver. Et ça lui va particulièrement bien.

Sans filtre, même quand ça parle de sexe!
Philippe Laprise a longtemps fait preuve de retenue lorsqu’il était question de sexualité sur scène. Pourquoi? Parce qu’il a aussi été l’idole de toute une génération de jeunes qui l’ont suivi à l’époque de VRAK la vie. Difficile, dans ces circonstances, de se lancer dans des blagues un peu plus osées sans avoir l’impression de briser l’image qu’ils avaient de lui.
Mais cette génération a grandi. Et l’humoriste peut maintenant se permettre quelques libertés supplémentaires!
Dans un numéro particulièrement savoureux, il aborde un sujet qui le passionne, mais qu’il s’était jusque-là gardé d’explorer sur scène : les objets sexuels. En comparant ceux destinés aux hommes à ceux conçus pour les femmes, il pousse le sujet avec son regard bien à lui. Surtout, il démontre qu’il est capable de rire de lui-même, sans chercher à se donner le beau rôle. C’est d’ailleurs l’une des forces de ce spectacle : Philippe Laprise ne se prend pas trop au sérieux et n’a pas peur de nous laisser entrevoir ses travers.

Rien n’est laissé au hasard
L’un des éléments que j’ai particulièrement appréciés dans ce cinquième spectacle, c’est la façon dont les différents numéros se répondent. Au fil de la représentation, des références à des blagues et à des éléments abordés précédemment viennent créer des liens entre les histoires. Rien ne semble avoir été placé là par hasard.
Ce souci du détail donne au spectacle une cohérence qui dépasse la simple succession de numéros comiques. Les rappels font sourire une première fois, puis provoquent un plaisir supplémentaire lorsqu’on en saisit toute la portée. On sent qu’il y a un véritable travail de construction derrière cette apparente spontanéité.
Car si Philippe Laprise donne l’impression de raconter ses histoires comme il le ferait autour d’une table avec des amis, cette aisance repose sur un spectacle bien ficelé. C’est tout le charme de l’humoriste : nous faire oublier le travail derrière les blagues pour nous donner l’impression d’être simplement en bonne compagnie.
Un Philippe Laprise comme on l’aime
Philippe Laprise assume pleinement son parcours, ses particularités et les détours qui l’ont mené là où il est aujourd’hui. À 50 ans, il semble avoir trouvé une façon bien à lui de regarder son histoire : avec lucidité, autodérision et une bonne dose d’humour.
Il assume ses réussites autant que ses travers, sans prétendre avoir tout compris ni avoir toujours pris le chemin le plus facile. C’est précisément ce qui le rend attachant. Derrière les éclats de rire, on découvre un homme qui semble de plus en plus à l’aise avec lui-même.
Avec ce cinquième one-man-show, Philippe Laprise prouve qu’il n’a pas besoin de réinventer qui il est pour continuer à nous faire rire. Il lui suffit d’être pleinement lui-même, avec ses histoires, ses contradictions et son sens inné de la comédie. À 50 ans et après 25 ans de carrière, il est plus libre que jamais. Et si c’est ça, être au sommet de son art, on lui souhaite d’y rester encore longtemps!
Crédit photos : Mélodie Guay // Mattv
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