Un voyage à travers l’histoire de la danse
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Par Lucia Cassagnet
Dimanche après-midi, dans les couloirs de la Place des arts, on entendait l’écho du bruit que font les pieds lorsqu’on step fort par terre. D’où provenait ce son, qui par moments semblait provenir d’une seule personne et parfois d’un groupe entier ? Il venait du Théâtre Maisonneuve, où le groupe Step Afrika! faisait rage sur la scène !
Step Afrika! c’est bien plus qu’un spectacle de danse. C’est une expérience multisensorielle, éducative et humoristique. En mélangeant des styles de danse percussive, de l’art contemporain, du chant, un peu d’acting et des histoires sur leurs origines, la troupe de danse offre un événement unique.
On débute le spectacle avec une troupe d’environ une douzaine de danseurs et danseuses qui sortent sur la scène, prêts à impressionner par leur stepping. Après un premier numéro où leur agilité est clairement établie, on comprend que le spectacle sera bien plus que de la danse.
Une des danseuses, Ariel Dykes prend le micro pour nous expliquer que le spectacle sera aussi informatif. En effet, tel qu’indiqué sur leur site internet, la mission de Step Afrika! est « de préserver, d’étendre et de promouvoir l’appréciation du stepping par le biais de spectacles professionnels et d’éduquer. » Ceci implique des moments où, en tant qu’audience, on apprend des choses sur l’origine de cette danse.
On apprend alors que la danse connue comme le stepping provient des fraternités et des sororités des collèges et universités américains où la population afro-américaine dansait le stepping pour former des communautés et se sentir rassemblés.
Le stepping, qui est considéré comme un type de claquettes, est une danse percussive où le corps entier du participant devient l’instrument. Que ça soit en claquant des doigts, en tappant sur sa poitrine, ses jambes ou les cuisses, le corps entier deviens l’instrument. Accompagné, évidemment, des pieds qui tappent fortement sur le plancher pour donner le beat.
Le spectacle est divisé en quatre parties. Après la première où c’est plus une performance « traditionnelle » qu’on met de l’avant, on se retrouve dans une compétition entre deux groupes : les filles versus les garçons. Qui sura impréssionner davantage le public ? Avec l’animation de l’hôte, Pelham Warner Jr., on se sent comme dans une émission de télé.
S’enchaîne alors une compétition où, en alternance, les filles mènent le premier round, les garçons le deuxième, et ils terminent par un troisième où les deux groupes jumellent leur talent pour nous époustouffler.
L’appréciation de l’héritage traditionnel
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On est rendus au milieu de la programmation, et c’est maintenant le tour à de la musique et de la danse traditionnelle africaine d’être sur scène. Trois des artistes jouent des instruments traditionnels, des types de tambours, en retrait. Puis, après un changement de costume on passe de pantalons noirs et des chandails bien normaux à des costumes traditionnels africains.
On fait un retour dans le temps du fondateur de Step Afrika!, C. Brian Williams, qui en 1994, débute cette aventure en Afrique du Sud.
On assiste alors à une performance où le niveau de talent et d’agilité monte d’une coche. En sautant partout, en dansant, en faisant les chorégraphies, l’énergie de la performance déborde de tous les côtés au son d’un sifflet – soufflé par différents danseurs au fur et à mesure que la routine s’enchaîne – qui détermine le tempo.
Après cette magnifique représentation traditionnelle on avance dans le temps pour se rendre dans les mines en Afrique du Sud, où le stepping servait de communicaton entre les employés des mines. En utilisant leurs bottes en caoutchouc, on voit alors naître la dance gumboot.
La troupe est allée jusqu’à la terre natale du fondateur pour étudier et apprendre cette danse. Habillés en travailleurs des mines, avec l’un deux faisant office de super (superviseur), ils nous font découvrir comment les bottes de travail deviennent un outil de communication et une opportunité de créer un sentiment d’appartenance entre ces travailleurs qui provenaient de partout en Afrique pour travailler dans les mines.
Après cette expérience historique, on revient au monde moderne. Habillés en noir, avec des léotard scintillants pour les filles, on assiste à la dernière partie du numéro. À ce point-ci du spectacle, le public est déjà vendu sur leur talent, et l’apprécitation envers les danseurs continue.
Finalement, pour ceux qui pensaient que c’était juste un spectacle de danse, on a été régalés par des histoires, des anecdotes, de la danse, de l’humour et une belle représentation de fraternité entre les membres de Step Afrika!.
Crédit photo de couverture : site officiel de Step Afrika!