Théatre Beanfield, 40 ans plus tôt

Par : Bérénice Lemarié
Dans la salle au grand balcon, The Lemon Twigs se présentent à nous avec quelques ébauches de leur nouvel album Look for your mind! qui sortira le 8 mai prochain. Après une première partie par la new yorkaise Josephine Network et son groupe, les deux frères et leur deux acolytes prennent le contrôle de la salle.
Une ambiance légère, un son technique et maîtrisé, quelques blagues, le tour est joué. Lorsqu’ils sont sur scène, les frères de Long Island Brian et Michael D’Addario s’unissent à Danny Ayala au clavier, voix, et basse, ainsi qu’a Reza Matin pour la batterie, voix et guitare. Ensemble ils se montrent complices, démonstrateur de leur aisance à jouer en collectif.

De son côté, la foule se laisse attrapé par l’énergie enivrante que crée la formation. On trouve de tous les âges, de tous les goûts; le groupe rappelle des souvenirs pour certains, en crée des nouveaux pour d’autres. Leur son est dansant, dans ce pop-rock des années 1960 voir 1970, les gens s’embrase et se laisse aller à quelques pas.
Souvent Michael d’Addario nous parle. Pour lui, «Montreal is a lovely city». Il nous avoue, l’air de rien et avec beaucoup d’humour, qu’ils craignent ne jamais être très connu; «We’ll never get really big.. we’re too authentic.. anyway!». Toutefois, on sait de leur albums qu’ils ont été très reconnu par la critique. En effet, la formation est techniquement très au point, et donne envie de se plonger toujours davantage dans leur œuvre .

Avec des titres comme I just can’t get over losing you ou Church Bells, The Lemon Twigs nous parle d’eux, simplement. Ils évoquent leur travers, leur identité, tout en jouant le sourire aux lèvre, bondissant un peu partout sur la scène. Ces mouvements jamais ne perturbent leur agilité sur leurs instruments.
Danny Ayala, au milieux du concert, abandonne sa guitare basse pour s’amuser au clavier. D’un autre coté, Michael et Reza échange leur places, entre batterie et guitare. La musique semble être pour eux un réel terrain de jeu, qu’ils maîtrisent avec bonheur, sarcasme et virtuosité.
Une influence très britannique se retrouve dans leur style. En les voyant sur scène, on les imagine adolescents, dans ces même vêtements, écoutant les Beatles, The Zombies, The Beach Boys ou encore The Who et Leonard Cohen. Dans leur proposition, il manipule aisément cette large mixité d’influence, et en font un atout.
The Lemon Twigs est un groupe à l’identité forte et déjà très affirmé. Aisément reconnaissable, on les entendras sûrement encore charmer le public pour de nombreuses années. Cette soirée, au Théâtre Beanfield, était la première de leur tournée qui s’annonce virevoltante et enivrante, forte en caractère, à leur image, dans une nostalgie remise au goût du jour.


