Le MTELUS comme une arène

Par : Bérénice Lemarié
Hier soir, Montréal a eu la visite gracieuse du groupe The Last Dinner party, s’étant rendu au MTELUS. En première partie, la formation irlandaise Florence Road a ouvert le bal, dans un genre pop rock alternatif qui suivait la ligne directive de cette soirée.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
Derrière elle, un drap plissé prend la lumière, et des oiseaux en miroir jouent avec les reflets. Abigail Morris, chanteuse principale du groupe, s’élance comme le ferait une cheffe d’orchestre. Elle mène la danse, d’une voix si impressionnante qu’on ne peut que se taire et écouter. Ce soir, elles nous introduisent à la beauté de leur dernier album From The Pyre.
Chaque membre du groupe britannique sait parfaitement ce qu’elle doit faire. La claviériste Aurora Nischevci joue aussi du saxophone, et puis chante parfois. Emily Roberts joue tantôt de la guitare, tantôt de la mandoline, et d’autres fois de la flûte. Lizzie Mayland, à la guitare, sait aussi bien manier la voix et prend le relais aisément à ce poste. Enfin, Georgia Davies, habituellement à la basse, a dû être remplacée pour sa santé. Elles seront ainsi soutenus à la basse ainsi qu’à la batterie.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
L’énergie sur la scène du MTELUS est remarquable; c’est une de ces frénésie totale à laquelle on assiste rarement. Le groupe joue d’un style baroque, et crée un univers exubérant, à peine assez large pour contenir toute leur personnalité. La foule s’accorde avec cet univers, et se laisse aller parfaitement à celui-ci. On remarque que dans le public, on admire ces femmes qui, sur scène, font de la féminité un pouvoir.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
Après le ton donné par Abigail, elle laissera son micro à Aurora. Elle interprètera une musique autour de la langue de sa mère, venant de l’Albanie – Kosovo, et célébrera par la même occasion la beauté de celle-ci. À la suite, Lizzie nous chantera ses mots sur Riffle, titre éminent de From The Pyre, dont la composition est singulière avec un passage aux sonorités religieuses en français. Puis, Abigail récupère le flambeaux, et poursuit la soirée.
Leur style musical ne cesse de vasciller entre un style rock, romantique et baroque, avec une forte énérgie. On note des réferences à l’époque Victorienne et d’autres un peu plus gothiques, ne serait-ce que dans la scénographie de leurs prestations.
Leurs influences se révèlent également sur scène, bien qu’elle se décèlent aisément déjà à l’écoute de leur albums. Entre David Bowie, Florence + The Machine, et surtout Kate Bush, la formation se construit une identité surréel qui justifie d’être à ce point célebrée.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
The Last Dinner Party, a plusieurs reprises, s’amuse de leur collectif. Parfois, c’est en chantant toutes ensembles, à d’autres reprises, c’est en échangeant leur rôle. Il y a parfois une certaine religiosité dans leur interprétation, notamment lorsqu’elle s’adonne à des choeurs toutes ensembles.
Elles jouent de cela à travers cette esthétique baroque, “rococo”. Comme dans un théâtre, elles interprètent leur titre avec une pleine puissance. Entre Inferno, Nothing Matters, The Killers is Speaking en rappel, elles ne se refusent rien et font de la salle leur arène.

Entre tous ces moments forts, Abigail prend le temps de nous parler. Elle remercie à maintes reprises le public, et nous explique l’importance de jouer en live. Que, grâce à nous, leur musique prend vie. À ce même moment, Abigail nous parlera de leur projet collaboratif avec Why Hunger. A chaque ville, à chaque concert, elles s’associent avec une association locale, et vendent des rubans en échange de donation. Une initiative que l’on tient à mettre en avant, si elle peut en inspirer d’autres.

Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
Enfin, The Last Dinner Party montrent leur capacité en live. Sur scène, elles créent une tension continue, une arène théâtrale dans laquelle chacune s’exprime librement. Surtout, une ode à la féminité et au pouvoir de celle-ci, elle se positionne comme icônes pour toujours plus de spectacle. The Last Dinner Party à Montréal, il ne fallait surtout pas rater ça, ou il faudra être là la prochaine fois.
Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev





























