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Radio ICI Musique : Pour l’amour du rock

Raconter le rock, le faire exister

Crédit Photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

Par : Bérénice Lemarié

Mercredi 20 mai, 700 personnes se sont réunis pour la soirée de la Radio ICI Musique Rock de Radio Canada. Pour cette soirée, Olivier Robillard Laveaux, animateur de la plateforme et co-animateur de la soirée avec Vincent Peake, nous raconte des histoires et du rock, dans la salle mythique des Foufounes Électriques.

«Si la salle ferme un jour, je veux récupérer une latte de la scène». Olivier Robillard Laveaux a choisi les Foufounes Electriques pour représenté le rock, parce que qu’elle autre salle aurait pu mieux le faire ? Ici, le co-animateur se souvient : «On est au temple du Rock ! Queens of The Stone Age, Nirvana, Buzzcocks, Smashing Pumpinks… Tout le monde y a joué». Au programme : Alix Fernz, Population II, Thee Soreheads, DVTR, VoidVod, et un invité surprise.

Dans la salle, la foule se bouscule rapidement. Tous ce soir ont vu en cet évènement l’occasion de célebrer la musique rock locale, la musique francophone et la rencontre. Un évènement gratuit, accessible, et qui rejoint la volonté d’ICI Musique : mettre en avant la scène rock d’ici.

Crédit photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

Alix Fernz et son batteur ont été les premiers de la soirée à foulé la scène. Un punk new wave et électrique, des distorsions, l’énergie foisonnante de son batteur, et sa voix métallique, le tour est joué. Dans une atmosphère dystopique, le duo balance un son rapide et nerveux, ce qui a su réveillé la foule dès la première note.

Entre chaque performance, Peake et Laveaux nous conte des histoires. La radio est mise à l’honneur durant cette soirée, mais les gens qui l’a font, encore plus. Au Québec, 55% de la population use de la radio comme plateforme pour consommer de la musique.

Selon Laveaux, si ce médium fonctionne, c’est parce qu’on a «le gout qu’un humain nous parle. C’est beau, c’est pas comme écouter la musique sur les plateformes, ou à cause d’un algorithme. La, y’a des humains derrière chaque chanson que tu entends jouées à la radio. Elles sont choisis, une à une, par des gens passionés qui vivent pour ça. Ça, ça fait du bien.»

Crédit Photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

À suivre, le trio Population II se révèle dans un garage rock psychédélique. De tous leur morceaux, ils en ont fait un set uniforme. De longue musique, dans lesquelles les guitaristes et bassistes se laissent allé à la folie, avec ce qui semble être de longue séances d’improvisation. D’un point de vue technique, c’est une expérience à part entière avec des membres chacun multi-instrumentiste.

Selon Laveaux, ce qui caractérise la scène actuelle, c’est un sentiment d’abandon. «Comme ça fait 10 ans que l’on se fait dire que le rock est mort, que l’on a abandonné, les jeunes arrivent avec ça en eux. Ils n’ont plus rien a prouver, ils ne cherchent pas à ce que ça marche, ils n’ont juste pas le choix de faire sortir ce qu’ils ont ! Ce sentiment d’abandon a donné une liberté de création folle».

Avec l’arrivée des groupes Thee Soreheads puis DVTR, on assiste directement à ce phénomène d’abandon et de laché prise. Menée par Maria, la chanteuse, la première formation s’élance dans un punk brute et en colère, renversant la scène par leur ardeur viscérale. C’est semblable au ton qu’arbore le duo DVTR, autrement appelé D’où vient ton riz. Toujours dans cette énergie, on se retrouve confronté à une identité punk authentique, qui rencontre un franc succès dans la soirée. Politique et féministe, la symphonie tordue de ces deux groupes font danser la foule.

Crédit Photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

Depuis les années 1990, le rock s’est tranformé. «Il y a un décloisonnement des genres. Tu peux tout être, tu peux tout mélangé. Tu peux faire du punk, du ska, de la new wave et de l’électro en meme temps. Aujourd’hui, les groupes se laissent allé, naturellement». En regardant les groupes sur scène, on assiste à cette mixité des genres, mais surtout à cette liberté face à ceux-ci.

Quand VoidVod montent sur scène, on retrouve cette identité trash métal, joué avec toujours autant d’aisance devant une foule québécoise. Pour cette soirée, le groupe s’est réuni pour la première fois en 30 ans aux Foufounes, et quelle euphorie le public a su leur montrer. Après un album avec l’Orchestre symphonique de Montréal en 2025, Voidvod confirment toujours leur amour pour ce qu’ils font, le sourire au visage sur scène, et conserve leur rôle d’icône de la musique métal québécoise.

Crédit Photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

À peine la performance de VoidVod concluse, qu’Olivier Robillard Laveaux nous invite à parcourir les salles des Foufounes pour y rencontrer, toujours avec passion, l’invité surprise. Qui d’autres pour représenter le rock québécois, que Fred Fortin avec Gros Mené ? De leur identité, ils n’ont rien perdu. Le blues rock noisy de la formation ne fatigue pas, le public non plus. C’est à se demandé si la soirée prendra un jour fin.

«Allez en concert, c’est primordial. Ça donne du sens, ça garde jeune, ça fait découvrir. Faire des soirées comme ça, où on met au centre du sujet la musique live, c’est génial». Ici, au Québec, «la scène undergound s’est fait son réseau, s’est crée ses propres labels, ses propres salles de concert ou d’enregistrement. C’est génial, il y a une scène très forte au niveau de l’underground» selon Laveaux.

Crédit Photo : Radio-Canada/Mathieu Catafard

La soirée, qui a également été diffusée en live sur ICI Musique, a atteint son objectif. On y a rencontré des acteurs de l’industrie qui la vive avec amour. Des artistes engagée dans leur art et dans leurs performances. Une ode au rock et un hommage à la scène underground locale. La passion pour la musique, c’est le mot d’ordre de cette soirée, et le mot d’ordre d’ICI Musique.

Avec le lancement des quatre radios Classique, Atmosphère, Hip Hop, et Rock en 2025, la plateforme de Radio-Canada disponible sur Ohdio offre un bel avenir au médium. Qui sait, peut être cette direction promet encore des nouveautés, pour une plateforme qui rappelle celle de FIP. Ce qui est certain, selon Laveaux, c’est que la liberté dont jouisse les animateurs fait rêver le public.