Les 33 années d’attente en valait le coup!

Par : Serge Guay
Le groupe canadien Triumph se présente mercredi soir à la Place Bell pour clore leur tournée commémorative du 50ième anniversaire du groupe intitulée The rock and roll machine reloaded. Le groupe qui, à l’origine était un trio, se présente avec deux des membres originaux, soit Rik Emmett (guitariste et chanteur) et Gil Moore (batteur et chanteur). Le bassiste et claviériste Mike Levine cède sa place à Todd Kerns (Slash) pour raison de santé. Ils seront accompagnés de Brent Fitz (claviers et batterie) ainsi que Derek Sharp qui remplacera Phil X (ex-membre du groupe) qui est de retour à titre de guitariste de Bon Jovi. Le spectacle qui devait préalablement avoir lieu le 1er mai dernier, a dû être remis dû à un conflit d’horaire. La dernière tournée et visite du groupe remonte en 1993. C’est donc sur un fond d’émotivité et de fébrilité que s’annonce une prolifique soirée.
En première partie, c’est le groupe Montréalais d’adoption April Wine, (maintenant mené par le Québécois Marc Parent) qui saute sur scène avec ses nombreux succès. I like to rock soulève immédiatement la foule. La présence notable de Brian Greenway, membre du groupe depuis 1977, témoigne de la longue histoire du groupe. M. Greenway lance la magnifique pièce Before the dawn. S’en suit un hommage bien senti au défunt Myles Goodwyn (fondateur du groupe) avec Just between you and me. Les bombes Sing of the Gypsy queen et Roller permettent à April wine de quitter la scène sous une ovation bien méritée.

Après plus de trois décennies Triumph monte enfin sur scène avec la solide When the lights go down. Suit le succès Somebody’s out there. Rik Emmett et sa généreuse chevelure blanche salue la foule et nous raconte l’histoire de la formation du groupe qui coïncide avec ses 50 années de mariage, ce qui nous dirige logiquement à la chaleureuse Hold on. La voix d’Emmett est rafraîchissante! La rutilante Allied forces nous surprend avec une finale des plus endiablée. Un petit passage francophone, gracieuseté du guitariste Derek Sharp, qui livre un segment d’Un musicien parmi tant d’autres du groupe Harmonium à l’unisson avec la foule…tout à fait séduisant!

La délicieuse reprise de Rocky mountain way de Joe Walsh rondement interprétée par Todd Kerns nous dirige à leur plus grand succès Lay it on the line. Bien que la voix de Rik Emmett soit toujours aussi réconfortante, les passages vocaux aux notes transperçantes sont brillamment repris par Derek Sharp. Le spectacle s’ensuit avec un autre succès Follow your heart ou M.Sharp s’illustre encore à la voix comme à la guitare. Émotivement, Emmet s’empare du centre de la scène, d’un touchant témoignage sur la mise en place de cette tournée qui semblait être une montagne à gravir, elle qui a atteint son sommet ce soir avec la fin de cette belle aventure. Triumph souligne cette apogée avec la sublime Magic power.

Le public n’en avait massivement pas assez et exigent le rappel qui amène I live for the weekend et Fight the good fight avec sa grande finale pyrotechnique. Une ovation soutenue de « OH HEY OH HEY OH HEY OH HEY » vient clore cette soirée magique en tout point. De toute évidence Triumph avait, en 1993, oublié dans ses poches une bonne dose de Rock et d’émotions à livrer à leur fans!
Ont-ils bouclé la boucle ce soir? Seul l’avenir nous le dira. Néanmoins, ce soir, le chaleureux contact entre le groupe et ses fans restera un moment marquant de l’histoire du groupe Triumph


