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Les arts s’invitent au jardin avec Hanorah et Luan Larobina

Une rencontre avec deux musiciennes pétillantes et pleine d’avenir

Crédit photo : Facebook – Espace pour la vie

Par : Sylvie Tardif

Les arts s’invitent au jardin, c’est cette belle initiative du Jardin botanique de Montréal de recevoir des artistes de la scène musicale québécoise tous les dimanches après-midi des mois de juillet et août. Pendant une heure, sur la pelouse du jardin, tout près de la roseraie, le public est convié à une heure de musique. Le concert est inclus dans l’achat d’un billet régulier pour le Jardin botanique.

Dimanche dernier, le programme annonçait, comme coups de coeur découverte, Hanorah et Luan Larobina. La météo en a décidé autrement. À 30 minutes du début du spectacle, alors que les vérifications du son avaient été faites, les organisateurs ont décidé d’annuler la représentation étant donné les veilles météorologiques qui laissaient craindre des orages violents. Étant déjà sur place, les deux musiciennes ont accepté de m’accorder une entrevue alors qu’elles s’apprêtaient à partir.

Crédit photo : Charline Clavier

Je ne les connaissais pas. Je comptais y remédier lors de ce spectacle. Pourtant, elles sont déjà connues, actives et elles gagnent leur vie de leur musique, m’ont-elles confirmé l’une et l’autre. Voilà une relève qui a du talent à revendre. Luan Larobina et Hanorah ont des projets et de la créativité plein la tête. On ressent leur passion à les entendre parler de leur parcours. Ces deux jeunes femmes sont magnifiques et méritent qu’on s’attarde à leur musique.

Luan est née à Gaspé d’un père argentin qui a vécu au Mexique avant de rencontrer sa future femme d’origine gaspésienne (la maman de Luan) et de s’installer avec elle en Gaspésie. L’inspiration de la musicienne se situe aux confluents de ces deux identités latine et gaspésienne. Elle baigne dans un univers indie folk auquel s’ajoute des influences latines depuis qu’elle est toute petite, m’a-t-elle dit avec les yeux pétillants de joie. On sent l’attachement à la famille chez cette jeune femme.

Crédit photo : Guillaume Boulay

Luan Larobina devait nous offrir de la musique de son dernier EP intitulé Casa, sorti en 2025, lors de ce spectacle au Jardin botanique. Cette année, Luan a remporté la première place de la 30e édition des Francouvertes. J’ai écouté son dernier opus avec bonheur. La voix de Luan est pleine de douceur et de chaleur. La chanson Les oies reprend le thème de la migration. Si la musique de Luan nous berce le corps, la poésie de ses textes nous berce le coeur. À écouter à profusion!

Hanorah devait également nous offrir de la musique de son dernier EP intitulé Closer than Hell sorti en 2025 ainsi que des nouveautés qui paraîtront en 2027. Ses parents nés à Montréal sont issus de deux immigrations différentes. Si son papa est africain américain, sa maman est d’origine italienne. Hanorah possède cette triple identité, la québécoise s’y ajoutant.

Elle a baigné dans un monde musical dès son enfance. La voix humaine chantée la fascine. Elle m’a appris avoir étudié cet instrument magnifique qu’aucun autre ne peut reproduire. Je pouvais lire dans ses yeux la passion qu’elle a pour la voix et le chant quand elle m’a confié qu’elle sait depuis toute petite qu’elle est chanteuse. Le désir de chanter fait partie de son identité de toujours. Elle est cette voix qui s’exprime par le chant.

Crédit photo : Monse Muro

Ses influences revendiquées sont Etta James, Amy Winehouse, Adèle, ce qui s’entend immédiatement dans sa façon de chanter : une voix puissante, expressive, très soul, capable de passer du murmure à une intensité presque gospel. Le coeur de son identité, c’est la soul contemporaine, indie R&B. Je me suis concentrée sur la dernière pièce de son dernier opus intitulée untitled (i left my body to love you).

La voix d’Hanorah a une pureté qui émeut. La musique est enveloppante, aérienne. On plane avec elle sur des paroles telles que « Closing my eyes cause I couldn’t stand the light (…) Skin to skin, end to end. I left my body to love you (…) Falling like the calm before the coldest rain. All along we were just the same (…) Keep me Closer than hell. » Hanorah ose aborder le désir et la vulnérabilité. Sa musique et ses textes sont fabuleux, mais sa voix, à elle seule, mérite le détour. Hanorah travaille sa voix depuis qu’elle est toute petite, m’a-t-elle raconté. Cette voix est magnifique. Elle valait la peine d’être mise au jour. 

Crédit photo : Katherine Norva Edith

La météo nous a privés de les entendre, mais ces deux magnifiques chanteuses seront présentes sur les diverses scènes du Québec au cours des prochaines semaines. Luan Larobina sera à Sherbrooke jeudi le 6 août prochain, à Drumondville le 7 et à Lac-Mégantic le 8 août. Pour suivre sa carrière, Luan tient un compte instagram bien fourni auquel vous pouvez accéder en cliquant ici. Quant à elle, Hanorah a fondé son propre festival Soul of the City avec trois autres personnes issues de la scène musicale : Christian Henegan-Comeau, Avery Jane Paul et Sarah Armiento. Il faut vraiment aller les entendre!

Les arts s’invitent au jardin proposent encore trois concerts, ceux des soeurs Boulay et d’Elliot Maginot le 9 août, de Florence K le 16 août et de Mon Doux Saigneur le 23 août. Soyez-y!