Un Lorie Party qui replonge toute une génération dans les années 2000

Par : Myriam Bercier
Le 17 juin 2026, Les Francos invitaient jeunes et moins jeunes à renouer avec une figure marquante de la pop francophone des années 2000 : Lorie.
C’est Enola qui a la tâche d’ouvrir la soirée pour Lorie. Pendant environ 35 minutes, Enola Bédard, que le Québec a pu découvrir à l’émission Révolution, montre l’étendue de son talent. Dans une esthétique rappelant les années 1990 et 2000, elle offre un spectacle très visuel : huit danseurs l’accompagnent sur scène, et des projections, notamment des vidéoclips de ses chansons, sont affichées sur l’écran géant derrière elle. Les mouvements de danse sont étudiés et soignés; on sent tout l’investissement qu’elle y a consacré, elle qui signe l’ensemble des chorégraphies du spectacle. Une belle mise en bouche pour ce qui attendait le MTelus avec Lorie.

Après 30 minutes d’attente, où les admirateurs ont scandé son nom à répétition, le spectacle de Lorie a débuté par une vidéo en noir et blanc où elle répond à des questions posées hors champ. Le ton est donné, surtout quand on l’entend dire : « Je m’appelle Laure, j’ai 43 ans, et je vais là où mon cœur me dit. »
Il fallait voir les poings se lever, les gens crier et chanter à tue-tête pour comprendre que la nostalgie, c’est fort. Il s’agissait d’ailleurs du premier concert que Lorie Pester, de son vrai nom, offrait au Canada. La « Britney Spears française » a pigé dans le répertoire de ses premiers albums, notamment les succès À 20 ans, Rester la même, Toute seule, J’ai besoin d’amour, Ton sourire et, bien sûr, son plus grand succès, Je serai (ta meilleure amie). Lorsque J’ai besoin d’amour se met à résonner, suivi de Je serai (ta meilleure amie), la salle se transforme en karaoké géant. Certaines spectatrices éclatent même en sanglots, preuve que la Lorie Mania a marqué toute une génération.

Quelques chansons, interprétées uniquement en concert, s’ajoutent au programme. Parmi les moments les plus touchants de la soirée figure la chanson qu’elle interprète pour sa fille, Nina. « Comme ça, ma fille est avec moi tous les soirs », avoue-t-elle. Elle s’adresse à la foule par la suite, abordant ses problèmes de santé (Lorie souffre d’endométriose) et la difficulté qu’elle a eue à tomber enceinte. « J’aimerais m’adresser aux gens qui ont le même parcours que moi, aux gens qui souhaitent avoir des enfants, ceux qui n’en veulent pas, bref, tout le monde : la réponse est à l’intérieur de vous. Les autres, on s’en fout! » lance-t-elle, avant d’être acclamée.
Lorie, après une pause d’une dizaine d’années de concerts, semble n’avoir rien perdu de son aisance scénique. Elle s’adresse au public comme on parle à un ami de longue date (ou une meilleure amie?). Tout est réfléchi, soigné : elle recommence même une pièce, qu’elle ne fait qu’en concert, parce qu’il y a eu un problème avec la séquence et qu’elle n’est pas satisfaite du rendu. Celle qui ne croyait jamais refaire de la musique il y a quelques années a enflammé le MTelus.

Lorie a offert un concert fédérateur où toute une génération s’est retrouvée le temps d’une soirée. La nostalgie et les paroles de chansons scandées à tue-tête ont électrisé le MTelus.


