Jeudi soir, malgré la pluie, une cinquantaine de personnes sont déjà rassemblées devant la scène Loto-Québec. Je me doute bien qu’une partie de la foule venue assister au spectacle de Baie finira par nous rejoindre une fois celui-ci terminé.
Puis vingt heures arrive. Le groupe entre sur scène avec une nonchalance presque désarmante. Je me retourne : le terrain gazonné est déjà noir de monde.
Le groupe débute ce concert avec la chanson Ariane, une chanson avec des arrangements doux et pop qui nous font du bien, un peu comme une belle brise un soir d’été. Puis viennent rapidement leurs chansons Incendie et Au paradis. Deux pièces qui démontrent la capacité de Choses Sauvages à créer un univers enveloppant et entraînant. Il y a quelque chose de presque céleste dans leur façon de construire leurs chansons, la présence du synthétiseur ou la voix presque angélique de Félix Bélisle nous donne cette impression.
Photo officielle des Francos // Frédérique Ménard-Aubin
Depuis sa formation en 2016, Choses Sauvages a développé une signature bien particulière, quelque part entre les sonorités new wave et pop. Plus récemment, on leur retrouve des attributs rock qui tendent vers le punk. Une évolution qui prend tout son sens quand on les voit sur scène : leurs albums proposent un univers travaillé, précis et enveloppant, alors que leurs spectacles révèlent une facette beaucoup plus physique et explosive.
C’est cette dualité qui fait leur force. Le groupe réussit à réunir différentes générations de chansons et d’époques de leur parcours, sans jamais donner l’impression de simplement revisiter leur catalogue. Les transitions sont fluides, les membres semblent prendre un réel plaisir à performer et une connexion s’installe rapidement avec le public. Dernièrement, ils ont sorti un microalbum s’appelant 2016 – 2026, dans lequel on retrouve des chansons qui ont façonné leur dernière décennie. Durant le spectacle, iels se sont donc promenés dans ce catalogue aux tonalités familières et rassembleuses.
Pour ce spectacle, le groupe a changé un peu sa formation habituelle, et on retrouvait donc Alix Fernz à la guitare, Lysandre Ménard au chœur et Lysandre Bourdages aux percussions. Apportant chacun une couleur différente au spectacle. La voix cristalline de Lysandre traverse la grisaille de cette soirée pluvieuse avec une grande douceur. Son interprétation apporte une touche plus soul et jazzy, créant un contraste fascinant avec l’énergie rock du groupe.
Sans oublier l’invitation de Rémi Gauvin, chanteur et parolier du groupe Comment Debord, à venir chanter leur dernière collaboration, Level-up à l’intérieur. La voix aiguë, parfois presque nasillarde, est parfaite pour l’ambiance un peu absurde de la chanson qui contraste définitivement avec les parties un peu plus punk. Ce mélange est définitivement saugrenu, mais bienvenu et plaisant.
Photo officielle des Francos // Frédérique Ménard-Aubin
À plusieurs moments, le chanteur du groupe, Félix Bélisle, s’avance sur le bord de la scène pour venir chanter directement auprès du public. Son attitude irrévérencieuse est bien rafraîchissante. Avec le fil de son micro enroulé autour de son cou et la manière dont il arrive à nous chanter ses mélodies, il vient définitivement briser les codes. On sent qu’il veut briser cette distance entre le groupe et nous.
Puis, tranquillement, mais sans surprise, le chaos s’installe. Un moshpit prend forme sous les directives du chanteur. Un spectateur se lance dans la foule pour faire du body surfing, le chanteur le rejoint. Il se passe beaucoup de choses, mais c’est comme si c’était naturel pour le groupe de vivre ça. Tout le monde danse et s’amuse. Il y a quelque chose de très réminiscent du Rockfest dans cette façon de célébrer la musique, dans ce mélange de désordre, de plaisir et de communion.
Choses Sauvages prouve encore une fois qu’un spectacle n’a pas besoin de choisir entre être accessible et être audacieux. Leur musique peut être dansante, raffinée, parfois même délicate, tout en laissant place à une énergie brute et instinctive.
La soirée se termine avec le désir du chanteur de voir la foule danser comme dans la scène du rave dans le film Matrix. La foule s’abandonne complètement au rythme. On danse, on crie, on célèbre. Pendant quelques instants, les Francos deviennent un grand espace de liberté où le public et les artistes ne forment plus qu’un.
Après plusieurs années à construire leur univers, Choses Sauvages démontre qu’ils maîtrisent encore parfaitement l’art de surprendre. Ils ne font pas seulement jouer leurs chansons : ils les transforment en expérience collective.
Photo officielle des Francos // Frédérique Ménard-Aubin
J’aurai la chance de couvrir plusieurs spectacles au cours des prochains jours, tout comme plusieurs de mes collègues. Restez donc à l’affût pour découvrir avec nous les artistes qui feront vibrer Montréal dans la prochaine semaine. Pour plus de détails sur la programmation des Francos
Ariane Monzerolle
Choses Sauvages, entre douceur et chaos aux Francos
Derrière les arrangements soignés se cache une énergie brute qui transforme chaque spectacle en expérience collective.
Par : Ariane Monzerolle
Jeudi soir, malgré la pluie, une cinquantaine de personnes sont déjà rassemblées devant la scène Loto-Québec. Je me doute bien qu’une partie de la foule venue assister au spectacle de Baie finira par nous rejoindre une fois celui-ci terminé.
Puis vingt heures arrive. Le groupe entre sur scène avec une nonchalance presque désarmante. Je me retourne : le terrain gazonné est déjà noir de monde.
Le groupe débute ce concert avec la chanson Ariane, une chanson avec des arrangements doux et pop qui nous font du bien, un peu comme une belle brise un soir d’été. Puis viennent rapidement leurs chansons Incendie et Au paradis. Deux pièces qui démontrent la capacité de Choses Sauvages à créer un univers enveloppant et entraînant. Il y a quelque chose de presque céleste dans leur façon de construire leurs chansons, la présence du synthétiseur ou la voix presque angélique de Félix Bélisle nous donne cette impression.
Depuis sa formation en 2016, Choses Sauvages a développé une signature bien particulière, quelque part entre les sonorités new wave et pop. Plus récemment, on leur retrouve des attributs rock qui tendent vers le punk. Une évolution qui prend tout son sens quand on les voit sur scène : leurs albums proposent un univers travaillé, précis et enveloppant, alors que leurs spectacles révèlent une facette beaucoup plus physique et explosive.
C’est cette dualité qui fait leur force. Le groupe réussit à réunir différentes générations de chansons et d’époques de leur parcours, sans jamais donner l’impression de simplement revisiter leur catalogue. Les transitions sont fluides, les membres semblent prendre un réel plaisir à performer et une connexion s’installe rapidement avec le public. Dernièrement, ils ont sorti un microalbum s’appelant 2016 – 2026, dans lequel on retrouve des chansons qui ont façonné leur dernière décennie. Durant le spectacle, iels se sont donc promenés dans ce catalogue aux tonalités familières et rassembleuses.
Pour ce spectacle, le groupe a changé un peu sa formation habituelle, et on retrouvait donc Alix Fernz à la guitare, Lysandre Ménard au chœur et Lysandre Bourdages aux percussions. Apportant chacun une couleur différente au spectacle. La voix cristalline de Lysandre traverse la grisaille de cette soirée pluvieuse avec une grande douceur. Son interprétation apporte une touche plus soul et jazzy, créant un contraste fascinant avec l’énergie rock du groupe.
Sans oublier l’invitation de Rémi Gauvin, chanteur et parolier du groupe Comment Debord, à venir chanter leur dernière collaboration, Level-up à l’intérieur. La voix aiguë, parfois presque nasillarde, est parfaite pour l’ambiance un peu absurde de la chanson qui contraste définitivement avec les parties un peu plus punk. Ce mélange est définitivement saugrenu, mais bienvenu et plaisant.
À plusieurs moments, le chanteur du groupe, Félix Bélisle, s’avance sur le bord de la scène pour venir chanter directement auprès du public. Son attitude irrévérencieuse est bien rafraîchissante. Avec le fil de son micro enroulé autour de son cou et la manière dont il arrive à nous chanter ses mélodies, il vient définitivement briser les codes. On sent qu’il veut briser cette distance entre le groupe et nous.
Puis, tranquillement, mais sans surprise, le chaos s’installe. Un moshpit prend forme sous les directives du chanteur. Un spectateur se lance dans la foule pour faire du body surfing, le chanteur le rejoint. Il se passe beaucoup de choses, mais c’est comme si c’était naturel pour le groupe de vivre ça. Tout le monde danse et s’amuse. Il y a quelque chose de très réminiscent du Rockfest dans cette façon de célébrer la musique, dans ce mélange de désordre, de plaisir et de communion.
Choses Sauvages prouve encore une fois qu’un spectacle n’a pas besoin de choisir entre être accessible et être audacieux. Leur musique peut être dansante, raffinée, parfois même délicate, tout en laissant place à une énergie brute et instinctive.
La soirée se termine avec le désir du chanteur de voir la foule danser comme dans la scène du rave dans le film Matrix. La foule s’abandonne complètement au rythme. On danse, on crie, on célèbre. Pendant quelques instants, les Francos deviennent un grand espace de liberté où le public et les artistes ne forment plus qu’un.
Après plusieurs années à construire leur univers, Choses Sauvages démontre qu’ils maîtrisent encore parfaitement l’art de surprendre. Ils ne font pas seulement jouer leurs chansons : ils les transforment en expérience collective.
J’aurai la chance de couvrir plusieurs spectacles au cours des prochains jours, tout comme plusieurs de mes collègues. Restez donc à l’affût pour découvrir avec nous les artistes qui feront vibrer Montréal dans la prochaine semaine. Pour plus de détails sur la programmation des Francos
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