Récipiendaire du Prix Ella Fitzgerald 2026

Par : Marie-Christine Jeanty
Cécile Mclorin Salvant est une artiste qui m’a séduite dès la première fois que je l’ai entendu ici même à Montréal, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, il y a presque environ 10 ans.
C’est une habituée du FIJM même si cela faisait déjà quatre ans que nous ne l’avions pas reçue. Le temps passe si vite.
C’est devant une salle comble au Théâtre Maisonneuve que la fabuleuse Cécile a renoué avec le public montréalais.
Soulignons que cette artiste à la technicalité inégalée a reçu des mains de la direction artistique du Festival le prestigieux prix Ella-Fitzgerald. Ce prix récompense depuis 1999 « une chanteuse ou un chanteur de jazz au talent remarquable ayant eu un impact et une influence majeure sur la scène internationale. »
Cécile Mclorin Salvant est une insatiable curieuse des sons et de ce qu’ils évoquent chez son public. Fidèle à elle-même, vendredi, chanson après chanson, elle nous raconta une histoire à la fois éclectique mais qui se tenait tout à fait. C’est ainsi que l’enchantement se crée et que l’émerveillement s’installe chez l’auditeur.
Cette fois-ci, elle s’est tenue loin des standards attendus en proposant un répertoire de chansons alliant un superbe alliage de cabaret, de pop, de chanson française, de musique ancienne et de musique électronique, tous liés par ce timbre de voix unique qu’est le sien.

En ouverture, la chanson titre de son album tout récent : With Every Breath I Take, ballade de la comédie musicale City of Angels (1989) avec ses superbes accompagnateurs, Sullivan Fortner au piano, Yasushi Nakamura à la contrebasse et Kyle Poole à la batterie.
Tout de suite après, nous avons eu droit à Second Guessing, tirée de Oh Snap (2025). Cécile Mcloran Salvant possède une intelligence d’interprète absolument incroyable et la chimie avec ses musiciens rend l’expérience très agréable! Suivant la plus suave Take This Stone, aussi d’Oh Snap, elle nous amène directement à Barbara Song, extrait de L’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill – ici ressort son côté plus théâtral, jouant pour nous Polly, le personnage de la scène. C’était un des moments les plus mémorables.
Pour la dernière partie de notre soirée en sa compagnie, nous avons eu droit à Trenet, Brel avec une interprétation très dénudée et techniquement à son image de Ne me quitte pas.
Elle a ensuite conclu Oh Snap qui, a une rythmique plus house amenant Fortner (pianiste) à y glisser les accords d’Everybody, Everybody, de Black Box, avant de mixer avec I Feel Love, immortelle de Donna Summer.
Cerise sur le sundae! Un émouvant, sobre et marquant le Monde est Stone. Une façon vraiment magnifique de conclure une soirée d’exception!


