20 ans de Silent Alarm, intemporel

Par : Marin Agnoux
En promotion de leur nouvel album Anatomy Of a Brief Romance, qui sortira en septembre prochain, et en pleine tournée nord-américaine après les 20 ans de Silent Alarm, Bloc Party fait leur petit détour habituel par Montréal au Théâtre Beanfield, qui est toujours d’une très bonne augure.
Sans première partie et à 20 h pile sur scène — souvent signe que le concert ne se déroulera pas dans les normes — Bloc Party arpente la scène sous les applaudissements enjoués des Montréalais. Il n’hésite pas à nous dire d’ailleurs : « Nous sommes contents d’être devant un public qui nous apprécie vraiment », phrase qui survient à la sortie de leurs concerts aux États-Unis. On le sait bien maintenant, surtout en cette période, Montréal a toujours une place bien particulière pour les artistes.

Brut et pourtant minimaliste, entre post-punk décomplexé et rock alternatif qui s’amusait déjà avec l’électronique, Bloc Party se forge une image musicale qui nous reste collée à la peau. Le groupe anglais, à la voix plus que reconnaissable dans ses expressions et ses intentions qu’on ne pourrait reproduire — The Pioneers —, ou encore ses guitares au jeu sec et cassant qui se jouent en passe-passe — Helicopter —, les batteries prédominantes, binaires, et des basses alignées — Traps —, reprend les codes d’un post-punk entêtant à la Gang Of Four — Banquet — avec la modernité d’Interpol. Dans cette énergie punk qui n’a rien de violent, on retrouverait presque l’esthétique « dance » des New-Yorkais de LCD Soundsystem.
Nos regards se laissent happer par la technique lumière qu’on a rarement l’occasion d’expérimenter dans une salle comme le Théâtre Beanfield. On pourrait croire que le spectacle a été conçu pour les stades et non une salle cloîtrée entre quatre murs. Pourtant, ce sont ces murs que la lumière percute et illumine sous le bleu, le rouge et le jaune.

Après une heure et quart à jouer toute leur discographie pour ne laisser personne de côté, Bloc Party revient pour un rappel qui n’en est finalement pas un, c’est un « Round Two ». Nous sommes donc repartis pour 45 min de titres qu’ils ne jouent que rarement en concert, comme This Modern Love. Après deux heures, Bloc Party se retire comme ils sont arrivés, croulant sous des vagues d’applaudissements. Le public n’a aucune envie de rentrer chez soi, et eux non plus.


