Notre fascination pour les années 1970 est loin d’avoir

Par : Marin Agnoux
Après avoir rempli le Théâtre Fairmount il y a quelques mois et juste avant de partir pour jouer au Festival d’été de Québec, Skinshape repasse rapidement nous dire bonjour ce samedi soir dans notre très chère salle du Théâtre Beanfield. À peine remplie, le monde, sûrement encore fatigué de sa semaine et de la chaleur estivale, Skinshape nous offre une soirée contemplative dont on avait bien besoin.
Après le rock alternatif des années 2000, où les synthétiseurs et les influences électroniques foisonnaient de partout, le mouvement indie-rock prend une ampleur importante au tournant des années 2010, avec en bannière des groupes et des artistes comme Hers’s, Mac DeMarco – notre Mile Endois préféré – et Tame Impala. Le retour au psychédélisme des années 70, aux guitares bourrées d’effets et à la voix lointaine très réverbérée, connaît ses heures de gloire.

Le chanteur et multi-instrumentiste anglais, William Dorey, AKA Skinshape, a toujours eu sa place dans ce mouvement sans jamais trop se montrer. Timide ou peut-être simplement plus discret, Skinshape a su se rapprocher d’un public qui ne l’a pas lâché d’une semelle depuis. Deux dates en un an dans la même ville – malgré que la salle ne soit pas remplie – ce n’est pas anodin pour un artiste de cette envergure, son public l’aime, et à raison. Dans une musique très rêveuse et enchantée, sa voix se dépose comme à tâtons sur les douces guitares, parfois reggae dub (Mandala), parfois funk(Oracolo), accompagnée d’une batterie étouffée par quelques bouts de tissu (Summer), un clavier au son d’orgue soul (Take My Time) et d’une basse pour relever le tout.
On pourrait presque y voir un cliché du surfeur qui joue de la guitare à la plage à côté du feu pour parler d’amour (Don’t Call My Name) mais tout en flirtant avec le cliché, et loin d’en être un, Skinshape trouve son son aux différentes facettes, apaisant et tout juste assez psychédélique pour nous donner l’impression de voyager.
Entre quelques solos du guitariste frôlant la transe et des morceaux instrumentaux transcendants, s’installe alors cette douce mélancolie, jamais triste, qui nous laisse repartir le cœur reposé des dix dernières années passées à l’écouter.
Voici la galerie photos de notre photographe Florence Lachapelle






















