Benoit McGinnis fait briller la lumière intérieure de Cyrano

Par : Sylvie Tardif
La pièce intitulée Cyrano est présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 18 octobre prochain. Nous y étions le 29 septembre dernier pour apprécier cette adaptation et mise en scène de René Richard Cyr de la pièce Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Dans le rôle de Cyrano, on retrouve Benoit McGinnis, qui participe de belle façon à la première pièce de sa première saison à titre de directeur artistique du Rideau Vert.
Cette belle histoire d’amour que j’avais lue, il y a fort longtemps, que j’avais vue en film ensuite, prend toute son ampleur sous forme théâtrale. Ce texte est fait pour le théâtre et c’est en ce lieu qu’il se déploie le mieux. Si la tirade du nez dont on se rappelle tous les vers « C’est un roc!… c’est un pic!… c’est un cap! Que dis-je, c’est un cap? C’est une péninsule! fera sourire les spectateurs; l’émotion atteint son paroxysme à la toute fin de la pièce alors que l’amour que porte Cyrano pour Roxane (Charlotte Aubin) vient d’être mis au jour et qu’il se meurt en étant resté fidèle à lui-même jusqu’au bout.

Dans son dernier souffle, Cyrano fait le bilan de sa vie de combat contre le mensonge, les hypocrisies, la lâcheté et la sottise humaine. C’est extrêmement touchant alors que nous traversons une époque dans laquelle les valeurs démocratiques et civiques sont mises à mal depuis plusieurs années. J’ai été émue par le jeu de Benoit McGinnis et Charlotte Aubin. « Christian était beau » N’est-ce pas l’un des problèmes contemporains que de succomber aux apparences? Il convient également de noter le jeu d’Alexis Martin qui ajoute une note humoristique à la pièce tout en étant très crédible. Quel acteur fabuleux!

Les choix épurés du metteur en scène tant pour le décor que pour les costumes laissent place au texte et à l’imagination des spectateurs pour voir dans un bâton de bois, tantôt une épée, tantôt une canne; dans un escabeau, une échelle vers un balcon. Les costumes très sobres, redingote et pantalon de lin, portés indifféremment par les hommes et les femmes, sont tantôt blancs et lumineux comme la pureté du sentiment amoureux; parfois noirs et sombres comme le secret, les manigances ou le deuil amoureux. René Richard Cyr a fait un excellent travail d’adaptation et de mise en scène.

Cette pièce vaut la peine d’être vue. Elle sera en rappel au Théâtre du Rideau Vert du 18 au 28 août 2027. N’hésitez pas à acheter vos billets en cliquant ici. Enfin, la programmation 2026-2027 du Théâtre du Rideau Vert est ambitieuse. J’ai hâte de voir ce qui s’en vient. Ça promet!


