Et si notre part d’ombre prenait origine dans un ancêtre lointain par chimérisme!

Par : Sylvie Tardif
Le Théâtre de 4’SOUS présente jusqu’au 8 novembre prochain, la pièce La Cathédrale engloutie de Rébecca Déraspe, dans une mise en scène de Florent Siaud. Cette pièce est une création du Théâtre Bluff en cocréation avec les Songes Turbulents, en coproduction avec l’Espace Jean Legendre, les Théâtres de Compiègne en collaboration avec le Théâtre de 4’SOUS.
La pièce commence par la réception d’un piano livré à Léna à qui est transmis cet instrument, cadeau de sa défunte grand-mère. Cette scène est le lieu d’un quiproquo amusant qui met également en lumière la relation trouble entre la mère de Léna et sa propre mère Marie jusqu’à remonter aux circonstances de la mort de l’arrière-grand-mère Jeanne retrouvée morte dans une rivière. La colère sourde que Léna porte en elle, qui affecte son frère également, s’explique peut-être par le vécu de ses femmes qui les précèdent.

Par un jeu habile de la mise en scène et des comédiens, le spectateur se trouve parfois en 1955, le moment du drame vécu par Jeanne, l’arrière-grand-mère de Léna, et sa fille Marie; et parfois dans le monde contemporain, celui de Léna et de sa famille, de sa mère qui boit trop parce que la mort récente de sa mère Marie révèle une relation non résolue. Par une écriture habile, Rébecca Déraspe, nous révèle par des indices et par des témoignages émouvants la façon véritable dont Jeanne a trouvé la mort dans une maison au prise avec un dégât d’eau qui agace. L’eau est une métaphore qu’il ne faut pas ignorer.

Quand Léna, interprétée par Nahéma Ricci, informe sa mère interprétée par Marie-Laurence Moreau, de la façon dont sa grand-mère est morte, elle est en larmes à juste titre. Cette interprétation bien sentie est absolument émouvante. Le monologue est livré par la jeune comédienne avec justesse, émotion, et intelligence. La pièce se termine alors que le professeur de piano de Marie interprété par Jean Marchand joue au complet la pièce La Cathédrale engloutie de Claude Debussy. Ces deux moments sont d’une grande beauté théâtrale. Maxime Denommée qui joue le père de Léna est un excellent révélateur des besoins de sa femme et de la personnalité de ses enfants et un véhicule de l’humour qui permet à la pièce de garder un ton agréable malgré les sujets abordés. Steven Lee Potvin joue à la fois le mari de Jeanne de 1955 et le professeur de piano de Léna à l’époque actuelle. Il passe d’un personnage à l’autre avec crédibilité.

La programmation du 4’SOUS me ravit depuis quelques années. Je dois admettre que La Cathédrale engloutie n’échappe pas à cette liste de moments de théâtre qui m’ont impressionnée par la force du texte, la justesse des interprétations, par la sobriété habile de la mise en scène. Il faut voir et revoir les propositions du 4’SOUS. C’est un théâtre qu’il fait bon de fréquenter. Pour accéder à la programmation et acheter des billets, cliquez ici.
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