La fin d’un week-end mémorable
©Benoit Vermette/MatTv.ca
Par Marie-Ève Venne en collaboration avec Maxime D.-Pomerleau
La dernière journée d’Osheaga est certainement celle qui offrait la programmation la plus variée du Festival et, disons le bien honnêtement, la plus intéressante.
Je suis arrivée juste à temps pour voir la performance de The Kooks, un groupe anglais émergé il y a quelques années pendant la vague de groupes indie rock tel The Libertines. On pouvait sentir que la foule était en majorité composée de fans de la première heure, qui ont dû être ravis d’entendre les succès des deux premiers albums. Je pense en particulier à Ooh La et Naive, que le chanteur du groupe Luke Pritchard a livré avec un entrain contagieux. Le groupe ayant subi plusieurs changements au sein de sa formation depuis les débuts, on en venait par contre à sentir un certain manque d’unicité pendant quelques morceaux.
Du côté de la Scène des Arbres, Kate Nash a su livrer une de mes performances préférées de la journée. Totalement électrisante, elle n’a pas diminué son dynamisme durant une seule minute, au point de devoir emprunter la pompe d’asthme d’un des spectateurs présents! Si certains lui reprochent de n’avoir produit que trois albums en huit ans de carrière, elle leur a prouvé lors de son passage à Osheaga qu’elle est une artiste de grand talent méritant notre attention. Voguant entre les succès de ses albums, elle a touché les gens présents –et votre chroniqueuse- en interprétant son grand succès Foundations.
Ayant découvert leur album juste avant le Festival, la formation Chvrches a comblé mes attentes, livrant un produit electro-pop parfaitement rythmé. Modulant sa voix de manière très juste sur les compositions du groupe, la chanteuse Lauren Mayberry a donné une prestation bien tonique. Le tout aurait cependant été plus apprécié dans une plus petite salle telle le Métropolis ou encore le National, comme à leur passage en 2013.
Avec un public présent très réceptif, leur prestation a toutefois fait danser les festivaliers. Toujours dans les découvertes, Maxime a agréablement été surprise par Kodaline, un groupe venant d’Irlande surfant sur la vague indie folk rock à la Mumford et Sons avec un seul album en poche, In a Perfect World. Offrant une performance solide et dégageant une forte dose de charisme sur scène, ils ont su gagner l’énergie de la foule de manière efficace.
Osheaga s’est montré audacieux en incluant dans sa programmation le groupe punk rock des années 80 The Replacements. Bien que la foule ait semblé perplexe tout le long de la prestation, le public s’est tout de même laissé aller à chanter quelques Ooh Ooh rassembleurs avec ces vieux routiers qui ne font plus que la tournée des festivals maintenant. En plus, Billie Joe Armstrong était leur guitariste; c’était sans conteste LA surprise du Festival !
S’il y a une artiste que tous attendaient avec excitation, c’était la chanteuse Lorde ! Ayant été totalement subjuguée par son premier album Heroine et sa prestation aux derniers Grammys, j’avais hâte de voir si sa performance allait combler mes attentes. Il n’aura fallu que quelques minutes après son apparition sur scène pour que je me retrouve sous le charme de sa voix prenante et sa façon particulière de mouvoir son corps. Si la foule a su exprimer sa joie lors de Royal et Tennis Court, j’ai été personnellement très touchée avec son interprétation de Ribs.
Un petit bémol de Maxime réside en ce moment où elle s’est avancée sur scène avec le drapeau du Canada. On s’entend que ce n’est pas au Québec que nous sommes les plus patriotiques ! La plupart des artistes qui désirent faire un tel clin d’oeil choisissant plutôt de porter un chandail du Canadien de Montréal, il était surprenant de la voir avec l’Unifolié sur les épaules. Ce faux pas a cependant été rapidement pardonné lorsqu’elle s’est exclamée au bord des larmes qu’elle était en train de vivre l’un des plus beaux moments de sa vie. Vivement son retour à Montréal en tant que seul acte sur scène.
Le festival s’est terminé sur une forte note avec la prestation de Artic Monkeys. Si nous les avons trouvés un peu froids et sur le pilote automatique, ils ont su se faire déchaîner la foule. Ayant récemment choisi de transitionner vers un son plus nostalgique rappelant l’âge d’or du rock and roll, il était heureux de constater que le public était toujours aussi friand de leur musique. Choisissant de débuter surprenament avec Do I Wanna Know, soit leur single le plus connu du dernier album, ils ont fait quelques clins d’oeil à leur fans de la première heure avec des chansons telles que I Bet You Look Good On The Dance Floor. On aurait tout de même les apercevoir un peu à travers le faible éclairage et l’abus d’effets de fumée, rendant quasiment impossible de les distinguer, et ce, même sur les écrans géants. Cela restait au final un excellent choix pour terminer trois jours de festivités musicales!
Les lumières se sont éteintes et il a bien fallu se rendre à l’évidence que le week-end était fini. Je suis déjà curieuse de voir ce que nous réserve la prochaine édition, en particulier parce que ce sera la 10e. On peut s’attendre à ce que les choses prennent encore plus d’expansion, et ce, au grand plaisir des fervents festivaliers.
Crédit photo: ©Benoit Vermette/MatTv.ca