Un public fidèle, une présence explosive et la preuve que certaines artistes ne rentrent pas dans les cases

Par : Ariane Monzerolle
Il y a des artistes qui marquent l’imaginaire collectif malgré de longues pauses. C’est définitivement le cas de Marie-Mai. On l’a découverte en 2003 avec la première cohorte de Star Académie. Âgée de seulement 18 ans, elle marque le Québec avec son attitude revendicatrice et son ton assumé. Elle termine en quart de finale et pourtant, elle fait partie des rares participantes à avoir connu une carrière florissante pendant près de dix ans par la suite.
Maintenant, on la connaît comme une icône de la mode, avec ses looks toujours plus extravagants les uns que les autres, mais surtout comme l’animatrice d’une émission de téléréalité très populaire au Québec.
Malgré tout, ses chansons retrouvent une nouvelle dose de popularité grâce aux tendances TikTok qui tournent autour des années 2000 et au sentiment de nostalgie qui les accompagne. Sa popularité demeure intacte, et je me risquerais même à dire qu’elle continue de grandir. Alors forcément, la voir programmée sur une scène secondaire surprend. Mais cela ne l’arrête pas : elle a pris d’assaut la scène et a, une fois de plus, ébloui son public.

19 h 20 : Je me dirige tranquillement vers la scène Loto-Québec pour aller voir le spectacle. J’avoue être un peu surprise de la retrouver sur une scène secondaire. Même si ça fait un moment qu’elle n’a pas foulé les festivals, dans ma tête, elle reste associée à ses grandes années, celles où je la découvrais à 10-12 ans, quand elle remplissait les foules sans effort. Plus de dix ans plus tard, je me dis naïvement que les choses ont dû changer… et je me trompe complètement.
J’arrive devant la scène et je me félicite d’être arrivée tôt. L’espace gazonné est déjà bien rempli, et il devient évident que je ne pourrai pas me placer directement devant la scène. Les gens continuent d’affluer, et l’espace se compacte à vue d’œil.
19 h 45 : Devant moi, c’est maintenant noir de monde. Impossible de rester assise : je ne verrai plus rien. Je me lève donc avec les autres, je me faufile dans la foule, et je m’assure de boire de l’eau, l’air est lourd, chaud, mais chargé d’une fébrilité contagieuse.
En regardant autour de moi, je remarque un public étonnamment varié : des personnes plus âgées, deux couples de sexagénaires à mes côtés, des familles avec des enfants de tous âges, des Gen Z, et des millénariaux plus ou moins assumés comme moi. Peu importe les catégories, tout le monde semble uni par la même attente.
On peut dire ce qu’on veut, mais Marie-Mai traverse le temps d’une façon particulière. Malgré les pauses, elle semble avoir élargi son public plutôt que de le perdre, ce qui n’est pas donné à tous les artistes. Ses succès d’il y a près de vingt ans résonnent encore très fort.
20 h 00 : Un solo de guitare perce enfin le bruit de la foule. L’excitation monte d’un cran, les cris éclatent, et tout le monde se redresse en même temps.
Puis elle arrive.
Marie-Mai entre sur scène avec une énergie immédiate, presque explosive, et la foule embarque dès les premières notes de C’est moi, sortie en 2009. Peu importe les années : les paroles sont encore là, intactes, chantées par un public qui connaît chaque mot par cœur.

Ses influences rock restent très près d’elle. Avec un jort noir, une camisole et un corset de latex, elle habite la scène avec assurance et revisite ses classiques avec une touche un peu plus moderne, sans toutefois trop s’éloigner de leurs racines. Elle alterne entre ses grands succès et ses nouveautés, qui sont peut-être passées un peu plus inaperçues au cours des dernières années. Pourtant, le public la suit peu importe la chanson. Elle nous avoue savourer chacun de ces moments. Elle n’a jamais tenu sa carrière ou son succès pour acquis, mais elle confie que retrouver un public aussi enthousiaste lui fait chaud au cœur.
Son spectacle mise beaucoup sur la nostalgie, mais elle en profite également pour nous faire découvrir une partie de son nouveau catalogue, que je dois admettre connaître moins bien. Pourtant, celui-ci mérite qu’on s’y attarde. Son album Sept, paru en 2024, est toujours aussi personnel que ses œuvres précédentes. On y retrouve un son un peu plus électro, mais aussi des touches rock et des ballades qui rappellent les titres qui l’ont fait connaître. Sept est une belle façon de découvrir une Marie-Mai dans un registre légèrement différent de celui auquel elle nous a habitués, sans pour autant dérouter son public.
Définitivement, elle nous aura rappelé toute l’étendue de son talent avec ce spectacle. Sincèrement, j’espère retrouver cette artiste que j’ai toujours aimée de façon plus régulière dans mon quotidien de festivalière, mais aussi musicalement. Vendredi soir, elle a offert une performance personnelle, forte et sensible. Le public ne la laissait pas partir et l’a longuement acclamée. Je dois avouer avoir eu des frissons et du plaisir tout au long du spectacle.
Une chose est certaine : même sur une scène secondaire, Marie-Mai avait tout d’une tête d’affiche.

J’aurai la chance de couvrir plusieurs spectacles au cours des prochains jours, tout comme plusieurs de mes collègues. Restez donc à l’affût pour découvrir avec nous les artistes qui feront vibrer Montréal dans la prochaine semaine. Pour plus de détails sur la programmation des Francos
Finalement, je vous laisse avec une série de photos prises par mon collègue Martin Paquin durant le concert.























