Thievery Corporation: un 30e anniversaire festif pour l’un des meilleurs groupes de variétés des années 2000

Par : Luc Lecavalier
Le groupe de musique électronique Thievery Corporation débarquait au Théâtre Beanfield vendredi dernier, dans le cadre de sa tournée célébrant son 30e anniversaire. Et après une énième tombée de neige en ville, leur musique mélangeant musique de lounge, trip hop, bossa nova, dub, jazz, soul et funk – en d’autres mots, une musique qui appel au voyage- était le bienvenu.
Après une première heure occupée par un DJ invité pour réchauffer la salle, le groupe arrive sobrement sur scène. Le duo composé de Rob Garza et Eric Hilton est accompagné de trois autres musiciens ainsi que de trois chanteurs et chanteuses, qui s’alternent selon la chanson se rapprochant de leur tessiture. Les premières notes ne manquent pas de mettre en évidence le son très reconnaissable du groupe, une musique du monde qui invite à la danse mais aussi la détente.

Un rythme à taper du pied balancé à la figure!
Parmi les premières chansons on reconnaît Amerimacka, morceau aux influences reggaes qui incarne à merveille ce mélange de danse et de détente. On assiste à un moment « unplugged » vers la moitié du concert, le temps de quatre chansons jouées sans percussions. Until the morning, mélodie tendre et sensuelle, se prête à merveille à une version plus acoustique tandis que l’interprétation de Culture of Fear, chanson aux influences up beat/rock célèbre du groupe, est surprenante. La présence du chanteur original, le même qui a participé au morceau quinze ans plus tôt, y est surement pour quelque chose.

De retour à un son électro, le concert est encore plus festif et entraînant qu’au début. Les chanteurs interagissent peu mais suffisamment avec le public, juste assez pour garder le Momentum. Le concert se termine sur des versions longues de Warning Shots et de Labanese Blonde, dont le riff au Sitar, instrument issu de la musique hindoustanie, a rendu le groupe célèbre au tournant du millénaire. Les quelques moment improvisés (comme deux membres qui joignent leurs efforts pour un solo de percussions) font une ode au côté plus expérimental du groupe.

La qualité première de la musique du monde : rassembler
Habitués aux collaborations avec d’autres musiciens et fidèle à leur image de groupe réservé, les deux membres n’attirent pas trop l’attention sur scène. Les effets visuels et l’éclairage se font aussi assez discret , alors que l’on semble nous inviter à n’avoir d’yeux (ou d’oreilles) que pour la musique. Si la résonnance des percussions et de la base font vibrer le théâtre et donne l’impression d’un mini-séisme, ce qui fait bien électro, la chimie entre musiciens et chanteurs sur scène nous fait oublier qu’il s’agit d’un concert de musique électronique.

On se sent transporté par cette musique si diversifiée, il y en a pour tous les goûts. Impossible de rester indifférent devant des spectacles qui font émaner un tel sentiment d’unité; une musique du monde aux sonorités étrangères mais dont on reconnaît les codes et le rythme. La majorité du concert est axé sur les chansons les plus dansantes du groupe mais le côté plus détendu du jazz et de la soul reste bien présent, tout au long de la présentation.
Crédit photo : Martin Postel-Vinay / Mattv




































