Un hommage sensible où les classiques de Dassin rencontrent l’univers intime et chaleureux d’Étienne Coppée

Des chansons d’amour, des chansons mélancoliques et des refrains qui font partie de notre imaginaire collectif depuis des décennies : voilà comment je pourrais résumer l’œuvre de Joe Dassin. Mort bien avant ma naissance, je connaissais surtout quelques-uns de ses succès sans nécessairement savoir qu’ils faisaient partie de son répertoire. J’ai donc été intriguée d’apprendre qu’Étienne Coppée lui consacrait un spectacle hommage lors de son passage aux Francos.
L’auteur-compositeur-interprète m’avait déjà profondément touchée avec son premier album paru en 2021. Sa chanson Demain il fera beau, popularisée par la série M’entends-tu ?, est une chanson qui promet des jours meilleurs et qui me fait toujours autant pleurer. Seul au piano, Étienne Coppée chante avec une grande sensibilité des paroles remplies d’amour et d’espoir qui ont une façon bien particulière de venir me chercher. Les arrangements choraux qui s’y ajoutent ne font qu’amplifier l’émotion déjà présente. Définitivement, juste pour cette pièce, son œuvre vaut une écoute. Quand les journées sont plus difficiles, ça fait du bien de se laisser porter par ces belles promesses.
Donc, peu importe ce qu’Étienne Coppée nous propose, j’en suis de la partie !

Dimanche soir, j’ai donc dû faire le choix difficile entre le show hommage à Jean Leloup ou celui à Joe Dassin… Étienne Coppée est celui qui a ravi mon attention. Heureusement, mon collègue Yagub Allahverdiyev a pu y aller et vous a livré un retour en photos, juste ici.
En entrant dans la salle Jean-Duceppe, je me surprends à fredonner les airs qui jouent dans la salle en attendant le début du spectacle : des chansons de nul autre que Joe Dassin. Finalement, je connais peut-être plus de chansons que je ne le pensais. Sur scène, des instruments sont installés au centre et, sur le côté droit, une grande photo de Joe Dassin, à la manière d’un in memoriam. Ses yeux doux vont donc nous couvrir tout le long du spectacle, un peu comme pour nous protéger.
Les lumières clignotent, le spectacle commence. On voit Étienne Coppée entrer et venir nous présenter celle qui fera sa première partie : Luan Larobina. Une autrice-compositrice-interprète d’origine gaspésienne, mais aussi argentine, puisque ses inspirations se trouvent, comme elle le dit avec beaucoup de beauté, quelque part entre ses racines latines et les nuances du fleuve. Le résultat donne un folk doux, chaud et lumineux, en français et en espagnol. Sur scène, son comparse Cédrik St-Onge se joint à elle avec un duo de cordes et voix en arrière-plan. C’est définitivement une première partie à ne pas négliger. Bientôt, je suis certaine que c’est elle qui va remplir des salles.
Une autre intermittence, puis c’est au tour d’Étienne Coppée de prendre la scène. Sans flafla, il commence directement son spectacle avec la chanson Salut. Mais cette fois-ci, dans une version beaucoup plus mélancolique et douce que celle à laquelle on est habitué. La chanson prend encore plus de sens, considérant que c’est aussi son retour sur scène après une absence de presque deux ans à la suite d’un burn-out. Le public silencieux boit ses paroles et on ne peut que ressentir des frissons en l’écoutant. Dès le début, on comprend qu’Étienne Coppée aura encore frappé dans le mille avec cette nouvelle œuvre.
On continue cette soirée en se promenant dans des airs familiers, mais revisités avec une signature sonore très Étienne Coppée : des orchestrations douces, mais aussi très puissantes. Les chansons sont reprises avec soin et j’ai l’impression qu’elles sont magnifiées par les voix douces et presque suaves. On est complètement enveloppé par le caractère intimiste de la scène, malgré la grandeur de la salle. L’artiste a vraiment su se réapproprier cette œuvre.
Rapidement, Étienne Coppée nous présente son « band d’amour », comme il l’appelle. Des gens proches de lui dans la vie de tous les jours, qui l’ont accompagné tout au long de la création de cet album : Flavie Melançon, qu’il connaît depuis le secondaire 2 et avec qui il chante depuis 17 ans. Iels ont ce regard entre eux qui confirme une magnifique amitié. On retrouve Raphaël Pépin-Tanguay, qu’on connaît aussi sous le nom de Velour Velour, un autre artiste qui vaut un petit détour. Nous avons aussi droit à Bruno St-Laurent, avec qui il a composé presque 95 % de ce nouvel album, au magique Marco Ema qui l’accompagne à la guitare et, finalement, à la batterie, Arthur Bourdon-Durocher.

L’ambiance sur scène est joviale et simple. On ne se prend pour personne et iels nous invitent dans leur univers et leur groupe d’ami.e.s le temps d’une heure ou deux. D’ailleurs, on est vite invités à danser, mais aussi à chanter. Pour l’artiste, le chant devrait être pour tous, pas seulement celleux qui savent pousser la note.
On ne voit plus le temps passer. On rit, on est inspiré.e et à la fois ému.e par ce qui se passe sur cette scène. La reprise de la chanson À toi est simplement charmante. Flavie est celle qui accompagne Coppée dans cette reprise et, ensemble, ils réussissent à honorer l’ambiance de la décennie qui a vu naître cette chanson, les années 70. Que ce soit avec la manière dont iels interprètent la chanson ou la manière dont les lumières mettent en valeur leurs ombres, on est replongés dans cette décennie. La reprise de L’été indien est si romantique et douce. C’est une chanson parfaite pour tomber en amour et danser un long slow. Coppée réussit définitivement à nous faire voyager dans le temps, tout en gardant de petites traces de modernité ici et là.
Son album est disponible sur toutes les plateformes, mais je vous encourage à vous procurer une copie tangible pour ajouter au charme de cette écoute. J’ai d’ailleurs très hâte de le réécouter sur ma table tournante… Et comme l’artiste nous le rappelle, c’est la meilleure manière de soutenir un artiste : acheter ses produits promotionnels et ses albums en copie physique sont les dernières sources de revenus qui vont directement à l’artiste. Puis, si le temps d’une soirée, vous voulez vous aussi vous plonger dans l’ambiance douce et romantique de ce concert, il part en tournée à travers le Québec cet été. Je vous laisse donc tous les détails ici.
Le show s’est terminé avec la chanson Ça va pas changer le monde, un autre bijou de la discographie de Dassin. Avec ce spectacle hommage, Coppée réussit à remettre les chansons de Joe Dassin en avant tout en y ajoutant sa propre touche. Définitivement une surprise pour son deuxième album, mais une surprise qui nous fait un câlin à l’âme.

J’aurai la chance de couvrir plusieurs spectacles au cours des prochains jours, tout comme plusieurs de mes collègues. Restez donc à l’affût pour découvrir avec nous les artistes qui feront vibrer Montréal dans la prochaine semaine. Pour plus de détails sur la programmation des Francos


