Quand l’humour rime avec douceur et instrospection!

Par : Sylvie Tardif
Mae Martin présentait son spectacle d’humour intitulé The Possum au Studio St-Denis dimanche dernier dans le cadre de Just for Laughs Montréal. Cette présentation faisait l’objet d’une captation pour la plateforme de streaming Netflix.
Mae Martin est l’une des voix les plus singulières de l’humour anglophone actuel. Humoriste, scénariste, comédien.ne et musicien.ne canadien.ne, né.e à Toronto, Mae Martin a fait carrière d’abord au Canada, puis au Royaume-Uni avant de s’installer à Los Angeles. Mae Martin a d’ailleurs indiqué d’entrée de jeu qu’iel ne cautionnait pas ce qui se passait actuellement en politique américaine en qualifiant la situation de complètement folle (insane).
Mae Martin s’est décrit.e comme étant un « L.A. cliché » en évoquant le stéréotype des personnes ayant adopté toutes les tendances reliées au bien-être et à l’ésotérisme. Iel a d’ailleurs pigé une carte dans son jeu de tarot pour définir l’énergie du spectacle et nous avons obtenu un lapin, cet animal sans défense qui semble vulnérable et doux… un peu à l’image de Mae Martin.

Mae Martin part de propre vie pour nous faire rire, qu’il s’agisse des dépendances passées, de l’identité, des relations, des maladresses sociales. Mae Martin a un humour très introspectif et sensible. Il y a plein de douceur chez cette personne.
Contrairement à beaucoup de stand-ups, Mae Martin ne cherche pas à ridiculiser les autres. Même lorsqu’une personne agit de façon absurde, on sent davantage d’affection que de la moquerie chez l’humoriste. Iel a de l’empathie et c’est son étonnement des comportements qui fait rire. Quand May Martin nous raconte son séjour à Disney avec son ami Jack qui était alors sous l’influence de champignons, on ressent son amour pour cet ami malgré la situation parfois embarrassante qu’il l’amène à vivre. C’est de la situation dont elle rigole tout en imitant l’accent britannique de Jack à la perfection. Même chose pour son affection pour Joe, son chauffeur, dont Mae Martin imitera la voix grave et bourrue et les manières brutes pour illustrer l’épisode du Bear Portal.

La vulnérabilité est probablement sa marque de commerce. Mae Martin explore ses contradictions, ses peurs, son anxiété, ses maladresses, ses incompréhensions qu’iel expose en nous racontant des histoires. Cette vulnérabilité et cette sensibilité à l’autre fait l’objet d’une autodérision sans humiliation. On la sent fort.e et assumé.e. Mae Martin est drôle tout en douceur!
Son personnage de scène paraît en confiance tout en avouant un peu de stress, mais énormément d’enthousiasme. « I’m pumped » est revenu plusieurs fois. Mae Martin semble un peu maladroit·e, extrêmement intelligent·e, et absolument sincère. Je pense que c’est cet aspect qui attire l’affection du public. On sentait de l’amitié se tisser entre Mae Martin et les spectateurs du Studio St-Denis l’espace d’un moment pourtant éphémère.

Si Jerry Seinfeld observe le monde extérieur avec étonnement (“Pourquoi les gens font-ils ça ?”), Mae Martin observe surtout son monde intérieur (“Pourquoi je réagis comme ça ?”). Mae Martin et Jerry Seinfeld déroulent leur dialogue intérieur en scène, l’un pour observer le monde, l’autre pour observer ses réactions par rapport au monde qui est souvent étrange, effrayant et absurde pour l’un comme pour l’autre.
Le spectacle de Mae Martin donne l’impression de passer un moment avec quelqu’un de profondément humain qui sait allier humour, douceur et honnêteté. Mae Martin n’a pas craint de courir le risque d’improviser pour répondre aux questions du public ou pour faire des sketchs avec son ami humoriste Matt Folliot. Je découvrais une personne pleine de douceur et d’humanisme tout en étant vraiment drôle. Je vais suivre la carrière de Mae Martin avec attention. Si vous voyez le show Mae Martin – The Possum s’annoncer sur Netflix, n’hésitez pas à le regarder.

La 44e édition du FJPR Montréal 2026 étant maintenant terminée, il y a d’autres festivals à fréquenter cet été. Le Festival de Lanaudière se poursuit jusqu’au 2 août prochain. Osheaga 2026 bat son plein au Parc Jean-Drapeau jusqu’au 2 août également. Le Festival International des Mongolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu se déroule quant à lui du 7 au 16 août prochain en Montérégie. Allez-y, le Québec a toute une culture à offrir.


