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Yannick dirige Les Planètes

Les étoiles se percutent, et Yannick est en joie!

Yannick Nézet-Séguin
Crédit photo : François Goupil

Par : Sylvie Tardif

Dimanche dernier, le 20 septembre, Yannick Nézet-Séguin dirigeait l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique de la Place des Arts dans un programme résolument tourné vers le ciel. Maestro Nézet-Séguin était manifestement heureux de retrouver ses musiciens et le public de l’OM. Tout en joie, Yannick bougeait, bondissait et s’est même permis quelques déhanchements au gré de la musique qui en a fait sourire plusieurs.

Le concert s’ouvrait avec Shpiming Nangokaa (Haut dans le ciel, il y a beaucoup d’étoiles) de la compositrice anishinaabe Barbara Assiginaak, une création mondiale commandée par l’Orchestre Métropolitain. Pendant une dizaine de minutes, les sons surgissent de toutes parts. L’Orchestre Métropolitain fait preuve d’une grande créativité en utilisant les percussions, mais également les musiciens de l’orchestre qui tapent du pied, ou tambourinent les éclisses du violon ou encore font claquer l’archet sur la table d’harmonie de leur instrument. Les percussions deviennent des étoiles filantes!

Il y a les étoiles bien sûr, mais également cette autre partie de l’univers. Les sons auraient tout aussi bien pu provenir d’une belle nuit d’été étoilée, au sein de la forêt. La nature possède des sons que les percussions ont su interpréter. Cette courte œuvre contemporaine a enchanté l’auditoire qui a réagi par une ovation pleinement méritée. Je tiens à rappeler que Barbara Assiginaak est fille et petite-fille de survivants des pensionnats autochtones. Si la nature console, sa musique inspirée des étoiles nous a impressionnés. Cette compositrice a résolument le regard tourné vers le ciel.

Orchestre Métropolitaine
Crédit photo : François Goupil

Antoine Tamestit nous ramène ensuite parmi les humains avec le Concerto pour alto de William Walton, compositeur britannique du XXe siècle. Quel magnifique instrument que l’alto lorsqu’on lui permet d’occuper toute la place! Tamestit joue avec une précision et une sensibilité remarquables. Son instrument dialogue constamment avec l’orchestre, et les trois mouvements permettent d’en découvrir toutes les nuances. Le public ne s’y est pas trompé et lui a réservé des applaudissements généreux.

Antoine Tamestit est un musicien entier. Il ne fait qu’un avec son instrument, l’alto, et l’orchestre. Il incarne ce qu’il joue et quand il s’interrompt pour laisser l’orchestre prendre toute la place, il bouge tel un roseau traversé par la musique. Ce musicien est fascinant. Je vous souhaite d’avoir l’occasion d’aller le voir et l’entendre. Il est fabuleux. Antoine Tamestit nous a offert une pièce hors programme, Flow, my tears (Coule, mes larmes) de John Dowland, interprétée en duo, alto et harpe, avec la harpiste Robin Best. C’était un moment de beauté extraordinaire. Il convient de noter qu’Antoine Tamestit joue sur le tout premier alto fabriqué par Antonio Stradivarius en 1672, généreusement prêté par la Fondation Habisreutinger, nous apprend le programme qu’il ne faut pas hésiter à prendre et à lire.

Maison symphonique
Crédit photo : François Goupil

Après l’entracte, nous repartons dans l’espace avec Les Planètes de Gustav Holst, compositeur britannique également. Il se serait inspiré d’un ouvrage d’astrologie pour donner aux planètes quelques caractéristiques qu’il met en musique à travers sept mouvements. Yannick Nézet-Séguin nous a informés que John Williams s’était inspiré de cette oeuvre pour la musique de Star Wars. En entendant le mouvement intitulé Mars, the Bringer of War, on comprend effectivement l’influence du compositeur. Le rapprochement est évident. Cette fois, les cuivres et les percussions grondent, la guerre approche. Puis Vénus apaise tout. Mercure s’agite, Jupiter explose littéralement de joie et Yannick avec lui! Il est aussi agréable de regarder le chef que d’écouter l’orchestre.

Saturne assombrit l’atmosphère avant qu’Uranus ne vienne tout chambouler dans « une danse ensorcelante proche de l’esprit de L’Apprenti sorcier de Paul Dukas » tel qu’indiqué dans le programme que j’ai bien fait de lire. Enfin, avec Neptune, les voix du Chœur Métropolitain surgissent sans qu’on les voit. Elles semblent venir de très loin et s’effacent doucement jusqu’au silence. Quelle finale! Pendant quelques secondes, personne n’ose applaudir.

Crédit photo : François Goupil

J’aime voir et entendre des instruments qu’on sort moins fréquemment. Dans l’orchestre, il y avait un célesta, ce petit piano droit dont les marteaux frappent des lames métalliques donnant un son clair et scintillant; deux harpes, un carillon tubulaire et des petites percussions utilisées ici et là qui ont rendu le concert captivant.

L’Orchestre Métropolitain offre une programmation 2026-2027 enlevante. Cet orchestre est créatif et passionné. Nos musiciens sont pleins de talents. Chérissons-les! Visitez le site Web de l’orchestre pour vous procurer des billets en cliquant ici.