un magazine web axé sur la culture d’ici

Flamboyante Barbara Hannigan

Barbara Hannigan crée l’événement musical une fois de plus

Crédit photo : Antoine Saito

Par : Sylvie Tardif

Le 4 février dernier, l’Orchestre symphonique de Montréal était dirigé par la cheffe Barbara Hannigan lors d’un concert à la Maison symphonique de la Place des Arts. Barbara Hannigan est tout simplement extraordinaire. Flamboyante et plus encore ! Non seulement, elle a une gestuelle très ample qui prend des allures de danse, mais elle a une voix splendide de soprano que nous avons eu le privilège d’entendre.

Crédit photo : Antoine Saito

Barbara Hannigan et l’OSM nous ont offert un tel spectacle qu’ils ont reçu une ovation debout avant l’entracte. Le concert a commencé par la Symphonie no 90 de Joseph Haydn. Nous avions reçu l’instruction de ne pas faire de bruit puisque le spectacle était enregistré pour une diffusion sur Mezzo Live et Medici.tv. Or, une pause de la cheffe au dernier mouvement nous porte à croire que l’oeuvre est terminée. Méprise, l’orchestre reprend alors que nous avions commencé les applaudissements. Humour du compositeur qui prolonge un silence… puis repart de plus bel. Barbara Hannigan possède un sens du spectacle en ayant pleinement joué le jeu ainsi que l’orchestre qui a repris une partie du mouvement après que la cheffe ait quitté la scène. Quand l’humour est intelligent, l’âme est ravie.

Crédit photo : Antoine Saito

L’admiration du public était éloquente suite à l’interprétation de Dance Symphony d’Aaron Copland où l’on ressentait le mouvement à travers l’oeuvre grâce à des déplacements rythmiques et à un dialogue entre les cordes aux sonorités très particulières. L’oeuvre est d’une complexité bouleversante. L’énergie était palpable, l’ovation debout irrésistible.

Après l’entracte, nous avons eu la chance d’entendre des extraits de Gaîté parisienne de Jacques Offenbach, parmi lesquels a été intercalée la pièce Barcarolle extraite des Contes d’Hoffmann qui a été interprétée de merveilleuse façon par Marie-Nicole Lemieux. Dès les premières paroles de cet air d’opéra « Belle nuit, ô nuit d’amour, Souris à nos ivresses… », on est bercé par la voix chaleureuse de la contralto.

Crédit photo : Antoine Saito

Avec la complicité de Marie-Nicole Lemieux, Barbara Hannigan nous a surpris en interprétant le Duo des chats de Rossini. Les chanteuses à la gestuelle féline nous ont bien amusés par leurs miaulements. La cheffe a également invité son premier violon à miauler de même que le premier violoncelle et le public ensuite. C’était rafraichissant de ne pas se prendre au sérieux dans un univers habituellement très formaté. Les deux femmes ont visiblement beaucoup d’admiration l’une pour l’autre.

Le concert s’est terminé par les pièces Youkali, chantée avec une belle expressivité par Barbara Hannigan, et Lost in the Stars de Kurt Weill (arrangements de Bill Elliott). Une fois de plus, nous avons été impressionnés par le talent de l’Orchestre symphonique de Montréal à créer un moment de beauté tout en y ajoutant de l’humour avec une grande intelligence. Pour consulter la programmation de l’OSM, acheter des billets, ou soutenir l’orchestre par une donation, n’hésitez pas à consulter son site web. Enfin, il faut impérativement suivre la carrière de Barbara Hannigan dont les multiples talents en jettent plein la vue et les oreilles.