Deux cygnes d’une exceptionnelle beauté!

Par : Sylvie Tardif
Le 28 mai dernier, les Grands Ballets Canadiens présentaient un ballet néoclassique intitulé Le Lac en grande première à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts. Ce moment de danse était soutenu par l’Orchestre des Grands Ballets dirigé par la cheffe Dina Gilbert qui, depuis la fosse, insufflait toute sa sensibilité à l’interprétation des oeuvres de Tchaïkovski, le Lac des Cygnes et la Symphonie no. 6 « Pathétique ».

Le directeur artistique des Grands Ballets Canadiens de Montréal, Ivan Cavallari signe cette chorégraphie audacieuse de danse classique tout en revisitant avec un regard actuel et moderne l’histoire du Lac des cygnes. Si, dans la version originale, le prince Siegfried, amoureux d’Odette, une princesse transformée en cygne blanc, est trompé par l’illusion amoureuse du cygne noir; Cavallari déplace le drame des illusions. Dans un contexte moderne, l’illusion n’est-il pas de se perdre soi-même à force de vouloir se modeler à l’image publique?
L’intrigue du Lac se déroule dans un studio de tournage à l’occasion du lancement d’une campagne publicitaire de deux parfums, Cygne noir et Cygne blanc, où vouloir être la tête d’affiche fait peut-être perdre la tête! La direction artistique de Cavallari est intelligente et sensible à la hauteur de la chorégraphie exécutée par les danseurs dont la beauté est mise en valeur par les costumes de Maria Porro. Cavallari. Les GBC nous invitent à réfléchir au pouvoir de l’image et à la quête d’identité.

Le ballet est magnifiquement interprété par des danseurs de grand talent. Siegfried (Esnel Ramos, premier danseur), le cygne noir (Anaïs Roy, corps de ballet), le cygne blanc (Rachele Buriassi, première danseuse) et toute la compagnie de petits cygnes font un parcours sans faute, d’une grande beauté et d’une incroyable grâce. L’exécution technique des danseurs force l’admiration. Si les arabesques, les pirouettes fouettées et les grands jetés sont appréciés des spectateurs, la capacité de raconter une histoire par le seul mouvement rend toutefois la danse fascinante et le pouvoir des danseurs des GBC exceptionnel. Et puis, quelques détails nous en disent long sur l’intelligence de la troupe. Une seule aile installée au dos du cygne blanc. N’est-ce pas éloquent? L’oiseau ne peut voler s’il n’a qu’une aile.

Les spectateurs étaient ravis par Le Lac qui nous offre un moment de beauté et d’intelligence qui restera gravé dans nos mémoires. Je vous encourage fortement à aller voir ce ballet. Le Lac est à l’affiche jusqu’au 7 juin. Il reste encore quelques billets. N’hésitez plus, vos yeux seront comblés.
Les Grands Ballets Canadiens entament leur saison 2026-2027 à l’automne, une saison résolument inspirée par la littérature et ses mythes fondateurs. Les GBC nous transporteront dans l’univers du rêve où chaque mot devient un geste, un mouvement dont nous comprenons le sens. Nous souhaitons une magnifique saison 2026-2027 aux danseurs des Grands Ballets Canadiens. Vive la danse!
Pour vous procurer des billets, n’hésitez pas à visiter le site web des GBC en cliquant ici.


